Alger, années 1987 / 1988. Période qui précède de quelques mois l'avènement de l'intégrisme islamiste et le déclenchement de la guerre civile dont on sait les nombreux massacres qui l'ont illustrée. Le commissaire Brahim Llob a rendez-vous avec le professeur Allouche, éminent psychanalyste. Ce dernier lui révèle que l'un de ses patients, surnommé SNP (Sans Nom Patronymique), initiales par lesquelles on désignait les orphelins de la guerre d'indépendance dans les années 1960, va être libéré de prison « le 1er novembre prochain ». Or, il s'avère que ce détenu est amnésique. De surcroît, c'est un dangereux criminel que la presse baptisa « le Dermato » en raison de son modus operandi, toujours le même ; en effet, non content de « faire la peau » à ses victimes, il les « écorchait » aussi comme des lapins, « à mains nues ». Llob s'inquiète qu'un tel psychopathe puisse disparaître dans la nature avec l'aval d'une commission officielle, et met en doute les compétences des experts qui la composent. Il s'enquiert auprès du directeur de la prison quels sont les motifs de la relaxe. Celui-ci l'accuse de contester les décisions du Raïs et lui suggère vertement de prendre la porte. Llob est renvoyé dans ses quartiers à l'issue d'un dialogue de sourds. Par ailleurs, le lieutenant Lino, qui fait équipe avec Llob, est devenu irascible depuis qu'il fréquente Nedjma, une fille de la haute ; en outre, il s'endette. Un soir, il découvre à ses dépens que Nedjma n'est autre que la compagne de Haj Thobane, l'homme le plus influent d'Alger. Lino entame dès lors sa descente aux enfers. Quelque temps après, Llob est dépêché sur les lieux d'un attentat survenu au restaurant Marhaba. On a voulu assassiner Haj Thobane... Prévu depuis longtemps, les hommes de l'OBS ont heureusement devancé les projets du suspect. Un sous-officier de l'OBS devait jouer le rôle de Thobane. Le stratagème a fonctionné ; Thobane et le faux Thobane sont indemnes, le suspect, quant à lui, a été refroidi. Llob apprend, après enquête, que celui-ci n'est autre que « le Dermato ». Cependant, le Beretta 9 mm avec lequel il tira appartient à Lino...
L'intrigue de ce roman est remarquablement construite, toute en rebondissements, jusqu'à l'épilogue, qui demeure inattendu ; et le style de Khadra est unique.