Ce que le titre ne laisse guère deviner c'est que cette pensée sauvage (qui n'est pas "la pensée des sauvages" comme se plaît à le souligner l'auteur) est en réalité une investigation épistémologique sur les modes de raisonnement dans les sociétés dites primitives.
Le premier chapitre ("la science du concret") est tout simplement éblouissant en montrant comment la logique des classifications des plantes par exemple présente des identités avec la logique de classification que l'on rencontre dans les sciences modernes ainsi que leur parenté avec l'esthétique. Les autres chapitres sont plus précis et plus ethnologiques et se présentent comme des illustrations très détaillées des idées contenues dans le premier chapitre.
Bref, pour ceux qui s'intéressent à l'émergence des savoirs, ce qui les conditionne et les structure, on ne pourra que recommander cette lecture qui recèle des enseignements bien plus fondamentaux que le titre ou le champ d'investigation anthropologique ne pouvaient le suggérer.