Une belle collection, un titre étrange, une couverture alléchante, un résumé annonçant mystère et complot sur trame historique semblaient promettre bien mieux que la vraie grosse déception que j'ai ressenti à la lecture de La peste des âmes.
La faute certainement aux mélanges des genres, aux exigences de l'auteur qui rendent ce texte aussi touffu que confus.
Pourtant, l'intrigue n'est pas particulièrement complexe, le récit en est même lent. Ce qui gène, en premier lieu, c'est l'absence d'informations historiques. Ce contexte n'étant pas mis en valeur, les enjeux de l'histoire sont peu compréhensibles, et demandent aux lecteurs adolescents de trop nombreux pré requis culturels et sociaux - l'Angleterre d'Henri VIII, la réforme de Luther, le scandale de la vente des Indulgences, l'opposition aux pères, aux maîtres - sans parler des réflexions spirituelles sur l'existence et le rôle de Dieu. Il n'y a pas vraiment de suspens, ni d'enquête, les protagonistes réagissant plus par impulsion face à la peur ambiante qu'agissant consciemment. L'action devient rapidement violente et sordide, malgré le happy end de bon ton. Sur une thématique d'angoisses métaphysiques et de manipulations de jeunes esprits, le récit s'enlise en nous rejouant un Roméo et Juliette, façon guerre des pères. Certes, l'atmosphère est ténébreuse, les personnages inquiétants, mais l'ensemble est trop peu développé pour susciter l'empathie.
Alors, à peine policier, pas vraiment ésotérique ni historique, que penser de ce roman ? Telle est la question.