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Titre : Peste soit de la fatalité...
Sans conteste le plus grand roman d'Albert Camus, La Peste est un hymne au courage et à l'humanité. Fort d'un prix Nobel de la littérature, l'auteur français se démarquait alors de ses contemporains, se hissant à la droite des écrivains les plus audacieux, tels qu'André Malraux ou Jean-Paul Sartre. Publié en 1947, la Peste connut un véritable raz-de-marée : 161 000 exemplaires vendus dans les deux premières années et plus de 5 millions depuis.
Nous sommes à Oran, durant les années 1940. Le docteur Rieux découvre avec un étonnement plus stoïque qu'horrifié que la ville est touchée par une terrible épidémie mortelle : la peste. Les autorités prennent des mesures de sécurité et Oran se met en quarantaine : personne n'entre, personne n'en sort non plus... Rapidement impuissant face à l'étendue meurtrière de la maladie, Rieux s'entoure d'hommes de foi qui résisteront corps et âme contre le fléau. Parmi eux, Rambert, journaliste parisien, qui n'a pourtant qu'une idée en tête : fuir ; Grand, fonctionnaire appliqué, dont la seule crainte est la stérilité de l'écrivain qui se découvre ; Paneloux, le prêtre qui voit en la maladie un châtiment divin ; et Tarrou, homme torturé mais au cœur immense. Chaque jour ébranlés par l'injustice de l'épidémie, ils puiseront leur force dans leur amitié et feront preuve d'un rare courage et d'une grande détermination, ce, jusqu'à la fin... quelle qu'elle soit.
Evidente allégorie du nazisme, les protagonistes, qui se sont engagés dans une résistance sans faille, seront confrontés à la folie meurtrière, à l'égarement et la peur dans le stade (qu'on imagine en camp de concentration d'où s'élève une effrayante fumée...), l'impossibilité de quitter la ville, le difficile ravitaillement et les profiteurs... Le livre est d'autant plus fort qu'il se lit tel un roman, où l'on suit l'évolution de cette terrible maladie tout en imaginant ce qu'ont pu vivre les générations précédentes... On regrettera toutefois l'absence gênante des femmes (qu'on sait pourtant particulièrement courageuse dans ce contexte), et les digressions parfois légèrement adolescentes de l'homme qui ne parvient à trouver le sens de sa vie. Un immense classique, cependant.
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