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La peste à Breslau: Une enquête d'Eberhard Mock de la brigade des Moeurs Broché – 3 septembre 2009


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Descriptions du produit

Extrait

Breslau, jeudi 15 mai 1913, deux heures et quart

L'homme grimpait l'escalier métallique qui entourait la machinerie du château d'eau de l'Am Weidendammestrasse. Les roues de transmission tournaient avec un martèlement régulier, les ponts roulants grinçaient, les pompes et leurs mécanismes sifflaient. L'homme avait le souffle court. La progression circulaire et uniforme qu'il infligeait à son corps depuis qu'il avait mis le pied sur la première des marches en colimaçon lui donnait une vague nausée. Il serrait les doigts sur le grillage qui devait prévenir toute chute, suivie d'une mort certaine dans l'antre du monstre de fer qui exhalait de la vapeur et propulsait de l'eau pure dans les conduites de la ville. Le regard du visiteur glissait sur les noms de firmes inscrits en relief sur les machines luisantes d'huile. Pieffke, Woolf, Ruffer, Zoelly..., lisaient ses yeux fatigués.
L'homme finit par atteindre le faîte où se trouvait une petite tourelle en forme de maisonnette. Il fit alors une halte et respira lourdement. Le gardien de nuit, en uniforme et shako semblables à ceux des policiers, lui jeta un oeil indifférent avant de regarder ailleurs. Il ne réagit pas plus quand l'homme essoufflé ouvrit la fenêtre pour aller sur le toit pentu. Les semelles de ses chaussures de montagne dérapèrent dangereusement sur la tôle en cuivre. Un instant, il sembla perdre l'équilibre. Il agita les bras et l'un d'eux heurta l'encadrement de la fenêtre. Il s'y retint nerveusement, déploya le gros cordage enroulé sur son épaule pour l'attacher au chambranle par un noeud marin auquel il s'était exercé depuis une semaine. Il fit alors une pause et resta immobile un moment. Il était vêtu d'une veste bavaroise en grosse toile et d'un pantalon de facture similaire retenu par des chaussettes en laine qui lui remontaient jusqu'aux genoux. Il portait aussi un bonnet dont les deux rabats latéraux étaient fixés par un bouton au sommet de sa tête. De sa bouche desséchée par l'effort, il happait goulûment la brise nocturne.
Il admira le panorama de la ville. L'Oder serpentait devant lui, sombre et silencieuse, avec, ici ou là, le reflet scintillant d'une lumière. Sur la droite, l'Am Weidendammestrasse était toujours aussi festive avec ses jardins, ses pavillons en verre, ses petits théâtres de marionnettes et ses pistes pour vélocipédistes. La nuit était avancée, et cependant les lampadaires restaient allumés tandis que s'élevaient des airs de valses populaires.
L'homme enfila des gants en cuir fin avant de se tourner vers la maisonnette qui surmontait le château d'eau. Il recula doucement jusqu'au bord du toit. L'échelle de corde se déroulait, ses traverses claquaient sur les plaques en cuivre. À un mètre du bord de la toiture, l'homme s'arrêta. Une main serrée sur un échelon, il projeta de l'autre bras le reste du cordage dans le vide. Il écouta un moment. Aucun bruit de chute sur les pavés, sept étages plus bas, ne lui parvint. L'échelle était peut-être trop courte. Le son tant espéré avait peut-être été étouffé par les claquements des bouts de bois contre le mur du bâtiment ou par le tintement des vitres heurtées. L'homme frissonna de peur. «C'est voué à l'échec», songea-t-il en s'agenouillant à quelques centimètres de la gouttière. Il sentit sur lui le regard du gardien, aussi agrippa-t-il la traverse avec une force telle qu'il aurait pu en extraire la sève. Il se laissa glisser tout entier hors du toit. Le noeud qu'il avait dans la gorge l'empêchait de respirer. Il agitait les jambes à la recherche de l'échelle. Il colla très fort sa joue contre la gouttière. Le poids de son corps faillit lui arracher les avant-bras au niveau des coudes. Sa chaussure gauche trouva une aspérité du mur, la droite se posa sur une traverse. Il enroula le cordage autour de sa cuisse et de son mollet avec la tendresse qu'on témoigne d'ordinaire à une maîtresse. Il osa enfin se décoller. Ses mains descendirent de plusieurs échelons. Il se replia et se balança sous l'avant-toit. Il regarda en bas, à tort. --Ce texte fait référence à l'édition Broché .

Revue de presse

Marek Krajewski est né en 1966 en Pologne. Maître de conférences à l'université de Wroclaw, il vit désormais de sa plume depuis 2007. La peste à Breslau est son deuxième roman à paraître dans la Série Noire, après Les fantômes de Breslau (2008).


Détails sur le produit

  • Broché: 272 pages
  • Editeur : Gallimard (3 septembre 2009)
  • Collection : Série Noire - Thrillers
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2070122492
  • ISBN-13: 978-2070122493
  • Dimensions du produit: 22,5 x 2 x 15,5 cm
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile  Par BD sur 19 février 2010
Format: Broché
Un deuxième opus pour l'inspecteur Eberhardt MOCK. L'intrigue est à nouveau bien construite et d'une lecture plus fluide que le premier. De quoi espérer une suite.
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Par Bob 38 sur 6 novembre 2014
Format: Broché
Un polar a l'intrigue tirée par les cheveux et guère convaincante.....Reste un héros peu ordinaire et attachant : gros flic alcoolique et qui aime les prostituées .qui se chie dessus quand il boit et craque son pantalon.....et un contexte original : Breslau,capitale de la basse -Silésie ,aujourd'hui en Pologne,pendant la république de Weimar....Original mais moyen.....
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