Au coeur de Sarcelles, une jeune fille de 18 ans est partagée entre l'éducation juive croyante et pratiquante de sa famille qui lui impose les règles du judaïsme et son désir d'apprendre et de penser, en découvrant la philosophie. Cette crise existentielle et les premiers émois amoureux vont lui ouvrir la voie d'une réflexion profonde, pleine de pudeur et pourtant d'un certain courage. Au même moment, sa soeur aînée, très enracinée dans la tradition, découvre que son mari la trompe et voit toutes ses certitudes ébranlées.
Ce premier long métrage à petit budget de Karin Albou est une excellente surprise pour moi qui suis passionnée par la culture et la religion juive. Il y a à la fois beaucoup de tendresse et un regard très intéressant, porté sur un monde qui a ses lois et ses modes de vie.
Fanny Valette, que je ne connaissais pas, m'a bluffée : elle est belle, talentueuse et très touchante dans ce rôle de jeune fille broyée par ses doutes. Elsa Zylberstein est comme toujours magnifique et pas seulement à l'image. Ce film est rempli d'une intériorité parfois dure et parfois poétique ; on y explore les sentiments, les perceptions, les fausses convictions dont les femmes se persuadent pour conserver leur pudeur et ne pas déroger à ce que dit la Loi sur l'amour, la sexualité, le plaisir... Le choc entre l'intime et les règles de la Torah, entre les aveux et les expériences est extrêmement bien restitué sans tomber dans les écueils auxquels on aurait pu s'attendre...