Un recueil de six nouvelles, de longueur très inégale, mais toutes bien dans l'esprit qui a fait la renommée de l'œuvre d'Andrea Camilleri. Les plus courtes ("Jour de fièvre", "La peur de Montalbano") sont à mon avis les meilleures, l'humour de notre cher commissaire (et l'humour de l'auteur, par son truchement) s'y déployant à merveille. La plus longue ("Le quatrième secret") est une véritable enquête, que Montalbano effectue à la suite de la mort mystérieuse d'un maçon, déguisée en accident du travail. Il reçoit le jour-même une lettre anonyme, envoyée avant l'accident, annonçant la mort programmée du maçon. Plusieurs accidents similaires sont survenus dans les environs de Vigata (la ville imaginaire de Sicile où se déroulent toutes les aventures de Montalbano), sur lesquels enquête l'adjudant de gendarmerie Verruso. Leur collaboration (inattendue, car policiers et gendarmes se haïssent, même en Italie) va finir par mettre en cause un célèbre mafieux, surnommé 'U zu Cecè (sic). Comme dans les autres enquêtes du commissaire Montalbano, le piquant est fourni non par l'enquête elle-même, toujours foutraque et assez incohérente, mais par les à-côtés: le microcosme que constitue le commissariat de Vigata, les aventures amoureuses et culinaires de notre héros, et ce langage si particulier, mélange d'italien, de dialecte et de trouvailles de l'auteur, admirablement transcrit par Serge Quadruppani. Un régal...