Annie Ernaux avec beaucoup de pudeur, de retenue et de délicatesse évoque son père. Ce père disparu. Au travers de la biographie de celui-ci, elle évoque à mots couverts la place de l'homme dans la vie. Cette place est-elle celle du mort dont il ne reste que la trace sur l'oreiller. La place à prendre dans la société, la place que l'auteur semble avoir du mal à prendre entre deux catégories sociaux professionnelles ? Il plane une vacuité dans l'écriture de Ernaux, un vide que rien ne comble. Le style est froid, plat, on dirait presque un rapport d'un médecin légiste ou d'un entomologiste disséquant un insecte. C'est cela, Ernaux dissèque froidement la vie d'un homme. Sans sentimentalisme elle donne à éprouver des émotions. Sans doute l'ouvrage est-il un exercice de style assez réussi. Méritait-il de remporter le prix Renaudot ? Je l'ignore. Un livre court, rapide qui semble aussi intéressant qu'une posologie de médicaments, mais qui se révèle adapté à ce que l'auteur a voulu transmettre, un témoignage direct d'une vie passée ici bas.