Après dix ans de "bons et loyaux services", Martin Terrier, tueur professionnel, décide de raccrocher ses flingues et d'aller retrouver Anne, son amour de jeunesse. Mais le chemin est long de la coupe aux lèvres! La belle Anne a épousé un hurluberlu, des inconnus surgis de nulle part cherchent à tuer Terrier et l'employeur de ce dernier veut lui confier un dernier job: occire une huile de l'OPEP en plein coeur de Paris. Autant dire que la reconversion s'annonce difficile...
Traumatisé par la mésaventure de son précédent roman,
Fatale, qui s'était vu refuser les honneurs de la Série Noire car jugé trop chiche en morts violentes, Manchette revenait ici, en 1981, aux fondamentaux du polar, signant du même coup l'un des sommets de son oeuvre. Dès la première phrase, le style est posé: glacial, économe, d'une extrême précision et d'une rare préciosité. Aucune psychologie. Que du dialogue et de la description. Un béhaviorisme pur et dur, à peine nuancé ici et là de second degré.
Parfois, c'est vrai, on frôle le maniérisme, mais tel un funambule Manchette se reprend toujours à temps et conduit son récit d'une plume implacable jusqu'à son dénouement exemplaire. Un dénouement aux accents nihilistes qui sonne comme un constat sans appel sur la nature humaine et l'impossibilité d'échapper à son destin.