Dans son dernier ouvrage "La présomption fatale", Hayek réaffirme ses conceptions philosophiques, morales, économiques, sociales et politiques, sur la base de sa théorie de la connaissance. Le sous titre "les erreurs du socialisme" rappelle qu'il s'agit de son ennemi principal en raison de l'erreur intellectuelle sur laquelle il repose.
L'état d'esprit socialiste est selon lui le dernier avatar de la pensée animiste, tribale et primitive, longtemps incarnée aussi par les religions. La vanité du constructivisme qu'il combat réside dans le caractère prométhéen de ses projets, tout en reposant sur la méfiance du marché, de la monnaie et du capitalisme, en ignorant le bon usage de la raison. (Avec le rôle des traditions et les processus d'essais et d'erreurs, de sélection des règles).
Il faut au contraire partir des enseignements de la révolution marginaliste en économie avec notamment Carl Menger et l'Ecole Autrichienne ainsi que de la philosophie libérale anglaise, pour comprendre la formation des ordres spontanés complexes dans les domaines du droit, du langage, de la morale, de la culture, de la catallaxie...
Ne pas en prendre conscience et ne pas réagir en conséquence, cela menacerait notre civilation, c'est une question de survie.
Ce livre, fruit des dernières réflexions de l'auteur se présente comme un programme de recherche en épistémologie évolutionniste.
La théorie de la connaissance de Hayek a une portée éthique et politique, il en va de la liberté et de la démocratie.