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Août 1972, un coup d'État est tenté contre le roi du Maroc Hassan II. Son ministre le plus fidèle, le Général Oufkir, est alors impliqué dans l'attentat et trouve la mort dans de mystérieuses circonstances. Commence alors pour sa femme et ses cinq enfants un calvaire qui durera près de quinze ans. Assignés à résidence, emprisonnés, séparés les uns des autres et isolés de tout contact avec le monde, ils parviennent malgré tout à survivre et à s'échapper. L'aînée des enfants du Général, Malika Oufkir, adoptée à l'âge de cinq ans par le roi Mohammed V - père de Hassan II - aura connu la cage dorée des honneurs et des fastes de la vie royale, privée de sa vraie famille. Mais elle aura aussi connu le cachot, l'isolement, la faim, la survie et l'humiliation des exclus, entourée des siens, en châtiment d'un crime qui n'est pas le sien.
Grâce à l'aide et l'amitié de Michèle Fitoussi, écrivain et journaliste, Malika Oufkir nous ouvre sa mémoire, ses souvenirs d'enfant chérie de la cour ou de "bannie", n'omettant rien des souffrances de sa famille. Le combat, le courage, la fierté, apparaissent à chaque ligne de ce témoignage poignant d'une femme au destin hors du commun, qui a reçu en 1999 le prix des Maisons de la presse. --Marine Segalen
Quatrième de couverture
Toute sa vie, Malika Oufkir a été une prisonnière. C'est à l'âge de cinq ans que la fille aînée du général Oufkir est adoptée par Mohammed V et élevée dans le Palais du Roi, à Rabat, dont elle ne sort que rarement. Défilent devant les yeux d'une princesse espiègle et effrayée les courtisanes du Harem, les esclaves du Feu, les gouvernantes à l'accent allemand. A sa sortie du palais, la fière descendante des Berbères compte parmi les héritières les plus courtisées du Royaume. La tentative de coup d'Etat du 16 août 1972 contre Hassan II en décide autrement. Ce sera la mort pour le général Oufkir, et la prison pour sa femme Fatéma, et ses six enfants dont le plus jeune n'a pas trois ans ! Des murailles du désert aux cellules envahies par les scorpions, Malika élève ses frères et soeurs et refuse qu'on les laisse mourir. Ils resteront enfermés vingt ans dans des conditions inhumaines. Schéhérazade moderne, Malika n'a rien oublié : l'angoisse des nuits solitaires, la faim et la soif, les frustrations d'une femme privée d'amour, mais aussi l'humour d'une famille à qui l'on veut infliger le pire des châtiments, l'oubli. Elle évoque aussi cette incroyable évasion à mains nues et l'errance clandestine de Casablanca à Tanger, de Tanger à Paris. Aujourd'hui, dans une fresque qui se lit comme un conte des Mille et Une Nuits, Malika la prisonnière devient enfin une femme libre. C'est un témoignage bouleversant qu'elle a confié à Michèle Fitoussi.


