Attachez vos ceintures et prenez votre souffle. Vous allez en avoir besoin pour suivre le rythme d'enfer de ce thriller.
Une évasion dans l'urgence, des poursuites à pied sur l'autoroute, sur les toits, dans les collines de provence. Des coups de frein, des tonneaux, pas mal de casse. Tout ça pour retrouver un frappadingue sérial killer qui vient de sortir de prison avec en poche le numéro de téléphone de la femme de son compagnon de cellule. Franck (Albert Dupontel) pensait que ce type pourrait les aider, elle et leur petite fille. Mais voilà, le type est un pervers qui a roulé la justice. Et ça, Franck l'apprend tout de suite après.
Stéphane Debac joue un maniaque obsédé avec un flegme qui fait froid dans le dos. Sous un air bonhomme et placide, sous son masque de Pierrot lunaire, il est aussi déterminé qu'un commando de kamikazes. Il méritait bien un ennemi à sa hauteur, et là je dois dire que les gros yeux fixes de Dupontel ne sont pas plus rassurants. Dans un rôle de fou furieux, il traverse le film à une vitesse supersonique en explosant tout ce qui se présente devant lui, comme si la ligne droite était le plus court chemin pour retrouver sa femme et sa fille.
Comme toujours les flics sont en retard, ce qui les oblige eux aussi à courir de plus en plus vite pour rattraper le temps perdu. Car eux, c'est Dupontel qui les intéresse, c'est lui qui s'est évadé.
Le scénario repose sur une intrigue peu banale et des scènes très physiques. La réalisation est assez académique, les plans sont larges et exploitent le décor en soutien de l'action (on est loin par exemple du film de Fred CAVAYÉ,
À bout portant, où le metteur en scène utilisait exclusivement des plans rapprochés et une caméra sur l'épaule). Tourné en scope, "La proie" offre une vision plein écran, ce qui donne à l'action et aux personnages une amplitude indispensable.
La réussite du film doit aussi beaucoup à la distribution. Les deux principaux acteurs sont assez étonnants dans leur folie, mais tous les autres (Alice Taglioni, Natacha Régnier, Sergi Lopez, Zinedine Soualem...) savent se mettre en valeur dans toutes les scènes où ils apparaissent. Cette unanimité n'est pas si fréquente.
Au total, un film qui a du nerf, qui rentre dedans sans complexe. Et ça, j'en redemande.
Ludi