On retrouve ici tout l'univers des rêves que l'on apercevait fragmenté dans d'autres nouvelles à la manière des pièces d'un puzzle connu seul de son auteur, je veux dire de son rêveur. La quête dans cette longue nouvelle est limpide et menée à la manière d'une enquête des tréfonds de la terre, au sommet inviolé du Ngarek où un visage sculpté à l'image des dieux doit mener Randolph Carter au bout de sa quête. Paradoxalement, cette narration mâtinée de passages horrifiques est d'une indicible beauté poétique avec les descriptions des merveilleuses cités, et la parenthèse sur l'astre lunaire notamment.
Mais le mieux est d'y aller ou plutôt d'y rêver. Nul besoin de psychotrope. Ouvrez la première page et chevauchez un famélique de la nuit (qui reconnait pour seul maitre Nodens et non Nyarlatothep) au dessus du plateau glacé de Leng à la recherche de la belle cité de Kadath !