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La révolte des élites et la trahison de la démocratie [Broché]

Christopher Lasch , Jean-Claude Michéa , Christian Fournier
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La révolte des élites et la trahison de la démocratie La révolte des élites et la trahison de la démocratie 4.0 étoiles sur 5 (2)
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Description de l'ouvrage

26 mars 2007 Champs (Livre 756)
“Il fut un temps où ce qui était supposé menacer l’ordre social et les traditions civilisatrices de la culture occidentale, c’était la Révolte des masses. De nos jours, cependant, il semble bien que la principale menace provienne non des masses, mais de ceux qui sont au sommet de la hiérarchie”. Dans ce livre-testament, Christopher Lasch a tenu à placer sa critique des nouvelles élites du capitalisme avancé sous le signe du “populisme”, c’est-à-dire conformément au sens historique du mot, d’un combat radical pour la liberté et l’égalité mené au nom des vertus populaires.
--Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.

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Descriptions du produit

Présentation de l'éditeur

Christopher Lasch montre ici comment des élites hédonistes assoient leur pouvoir sur un culte de la marge et sur un fantasme de l'émancipation permanente. Alors qu'elles sont responsables des normes imposées à la société, leurs comportements consistent à feindre d'être hors norme. Cette dialectique mensongère de la norme et de la marge, remarquablement démontée dans ces pages, est celle de notre temps. Voici un livre qui devrait faire réfléchir tous ceux qui s'inquiètent de l'évolution d'un espace public et médiatique où les élites émancipées se mettent le plus souvent du côté de la transgression en imaginant un ordre moral, un éternel retour de la censure qui ne sont que la contrepartie de leurs transgressions imaginaires. Le testament d'un grand intellectuel anticonformiste, politiquement très incorrect, inclassable et dérangeant.

Biographie de l'auteur

Né en 1932 et décédé en 1994, historien de formation, Christopher Lasch est fauteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels La Culture du narcissisme (Climats, 2001, Champs-Flammarion, 2006) et Le Seul et Vrai Paradis (Climats, 2002, Champs-Flammarion, 2006).

Détails sur le produit

  • Broché: 269 pages
  • Editeur : Flammarion (26 mars 2007)
  • Collection : Champs
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2081207168
  • ISBN-13: 978-2081207165
  • Dimensions du produit: 17,6 x 11 x 1,4 cm
  • Moyenne des commentaires client : 4.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (5 commentaires client)
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24 internautes sur 26 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Des connexions inattendues 10 avril 2009
Format:Broché
Christophe Lasch, professeur d'histoire dans une obscure fac américaine est décédé en 1994. Pourtant il est l'auteur d'une des oeuvres les plus pertinentes de la sociologie américaine contemporaine. Par des biais inattendus et souvent intuitifs, Lasch dévoile un pan inexploré de notre temps. Sa capacité à mettre en relation l'informulé, à dévoiler des rapports sociaux ou des mécanismes collectifs en fait un auteur sans équivalents.

L'idée fondamentale de Lasch est que des élites sans racine, composées d'happy fews issus de la classe moyenne par la méritocratie se sont emparées du pouvoir culturel. Et qu'au nom d'une idée de réseau, d'interrelation personnelle dans les structures intellectuelles (universités, médias, etc...), elles se sont coupés du peuple. Et même pire : lui font la guerre, l'accusent de racisme, de passéisme, de moralisme, de bigotisme, etc... La révolte sociale est en conséquence totalement anéantie par le fait que ceux qui la portent sont ceux-là même qui constituent l'élite. Et qu'ils ne se révoltent qu'en fonction de leurs intérêts narcissiques et égotistes.
Lasch compare ensuite ce qu'est cette élite actuelle, ce qu'elle porte comme ambitions avec le projet démocratique américain originaire. Le décalage est patent. On ne peut cependant résumer le livre par cette seule thèse. Lasch attaque aussi la méritocratie comme insuffisamment démocratique, dénonce la fin de l'art de la dispute/discussion et le consensus, réévalue certaines Institutions : religion, universités, psychothérapie.

Unique bémol, il s'agit d'une compilation d'articles hétérogènes - parfois très spécialisés, parfois très généraux.
Le fond, dans la tradition démocratique américaine, demeure particulièrement intéressant. Il y a une dénonciation du prêt à penser des post- (post-modernisme, post-structuralisme, etc...), du politiquement correct et du terrorisme verbeux de certains universitaires. J'y vois également une filiation avec la Common decency chère à Orwell, cette idéal politique d'une communauté simple et populaire, communauté anéantie par "l'idéal" narcissique de notre temps.

Son approche des problèmes fondamentaux est inattendue mais finalement convaincante. Sa critique de la méritocratie comme anti-démocratique et sa dénonciation d'une vision trop simpliste et positiviste de la religion participent de ces connexions surprenantes.
Ce livre est bonne porte d'entrée vers une des oeuvres les plus stimulantes des trente dernières années.
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26 internautes sur 29 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Exceptionnel! 24 septembre 2007
Format:Broché
La découverte de Lasch a été pour moi exceptionnelle, ayant lu plus jeune "la trahison des clercs" de Julien Benda. Lasch étudie comment les élites de notre époque "moderne" se rebellent contre le peuple et refusent d'assumer leur tâche consistant à gérer la transformation de la société face au progrès technique pour gérer leur propre contemplation de nombril à force de démagogie. Cet ouvrage aurait pu aussi s'appeller "comment la gauche est devenue de droite... et vice Versa".
Lasch prend à contrepied le discours sur le populisme en dénonçant le mépris du peuple qu'il recèle pour mieux conforter la confiscation du pouvoir par les élites.
Ecrit juste avant sa mort en 1994, les analyses de cet ouvrage n'ont fait que se confirmer.
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28 internautes sur 32 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Excellent diagnostic mais difficile à suivre 28 juillet 2009
Par Michel
Format:Broché
Le diagnostic porté par Christopher Lasch sur l'attitude en porte-à-faux de nos élites est d'une lucidité remarquable.
L'ouvrage se révèle toutefois difficile à lire pour plusieurs raisons.
La première ne tient pas à l'auteur mais à un parti-pris de l'éditeur: comme la plupart des ouvrages publiés dans la collection "Champs", il est imprimé dans une typographie microscopique (sans parler des notes de bas de page, carrément illisibles).
D'autres difficultés se présentent pour un lecteur français:
- le vocabulaire employé fait appel à des termes dont le sens, dans le contexte américain, n'est pas le même qu'en français courant ("libéral", "populisme", etc.) et, d'une façon générale, la traduction est relativement laborieuse, ce qui donne un style assez lourd;
- Lasch puise ses exemples et ses références chez nombre d'auteurs américains quasiment inconnus chez nous (dans certains chapitres, les citations ou références représentent une bonne moitié du texte), du moins du grand public (dont je fais partie). Que ces auteurs (par exemple Horace Mann, abondamment cité, inspirateur dans les années 1840 des principes régissant le système scolaire public américain, principes au demeurant excellents mais qui se sont peu à peu retournés contre les objectifs initiaux) aient eu une influence importante aux USA, et plus particulièrement à l'intérieur de la communauté universitaire américaine, ne les empêche pas d'être, au plan international, trop isolés pour qu'on puisse tirer de la discussion de leurs thèses des démonstrations de portée universelle.
Cette difficulté est à associer à une critique de fond qu'on peut adresser à l'ouvrage. Lasch accorde, à mon avis, une importance trop grande à l'influence du débat d'idées sur l'évolution de la société. La "révolte des élites" qu'il dénonce à juste titre et qui est pour l'essentiel une révolte habilement masquée (au nom de la méritocratie, du multiculturalisme, etc.) contre les valeurs démocratiques, n'est pas la conséquence de la victoire d'un certain point de vue dans des débats universitaires. Elle est la conséquence d'une victoire politique remportée par les couches sociales attachées au maintien de l'ordre capitaliste, qui ont su convaincre une frange assez importante des classes moyennes (dont les élites intellectuelles) que leurs intérêts étaient solidaires de ceux des élites économiques plutôt que de ceux des masses. Cet aspect n'est pas oublié dans le livre, certes, mais il est à peine effleuré (une dizaine de phrases peut-être ...) alors qu'il est fondamental. En d'autres termes, la "révolution conservatrice" n'est pas un épisode de l'histoire des idées, mais de celle de la lutte des classes. Le paradoxe (bien vu par Lasch, mais analysé de manière trop superficielle) est que les idées issues du mouvement contestataire des années 60 (et produites par une frange d'intellectuels appartenant à des milieux assez privilégiés pour adopter sans prendre de risque pour eux-mêmes des poses contestataires) s'insèrent parfaitement dans ce dispositif de reprise en main de l'ordre social qui s'est mis en place dans les années 70: les capitalistes préfèrent qu'on lutte contre le racisme et l'homophobie que contre le capitalisme.
Cette quasi-absence du thème de la lutte des classes dans le fond de l'argumentaire de Lasch est illustré par son insistance à idéaliser la "vie de quartier" des grandes villes avec ses "lieux de sociabilité", ses "hiérarchies du mérite", etc. d'un "autrefois" quelque peu imprécis mais qui semble se situer dans les années 1890-1920, sans même mentionner que cette époque a été aux USA précisément celle de grandes et féroces luttes sociales, qui devaient, on peut le supposer, donner à la vie de ces quartiers populaires un climat assez différent de la douce harmonie évoquée par l'ouvrage. Luttes sociales dont, au demeurant, le compromis du New-Deal et la prospérité des "30 glorieuses" ont été le produit.
Pour résumer: le diagnostic de Lasch est excellent (il a tout compris du phénomène "bobo" avant que celui-ci se manifeste) mais sa démonstration est bancale. Quatre étoiles quand même, pour faire enrager les "bobos".
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