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La route de la Kolyma Broché – 11 octobre 2012

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Extrait

13 août 2011

Rendez-vous a été pris à l'aéroport de Moscou-Domodedovo, à 18 heures, devant le comptoir d'enregistrement de la compagnie Transaero, vol n° 1364 Moscou-Magadan.
Cela fait près de quarante ans déjà que je passe de plusieurs semaines à plusieurs mois par an en Russie. Mais la Kolyma est restée pour moi terra incognito. Je ne l'ai explorée qu'à travers les tombereaux d'archives de l'administration du Goulag que j'ai dépouillées depuis le début des années 1990. Après toutes ces années passées à étudier le Goulag, j'ai eu envie d'aller sur place, tenter d'approcher différemment ces lieux, partir à la recherche des traces laissées par le plus grand système concentrationnaire du XXe siècle. Traces ô combien ténues, m'ont d'emblée prévenu mes compagnons de voyage, Irina Flige et Alexandre Daniel, responsables de l'association Mémorial qui, depuis près d'un quart de siècle déjà - elle a vu le jour durant la perestroïka - s'efforce de sauvegarder la mémoire du Goulag et des répressions staliniennes. Irina et Alexandre sillonnent depuis des années la Russie à la recherche des vestiges du Goulag, avant qu'ils ne disparaissent définitivement. Ils recherchent les derniers survivants, enregistrent leurs témoignages, consignent, cartographient, photographient les restes des camps, les cimetières de détenus, les fosses communes où ont été déversés les cadavres des centaines de milliers de fusillés de la Grande Terreur de 1937-1938, les petits monuments et mémoriaux érigés sur ces lieux, depuis les années 1990, par des associations de parents de victimes de la répression, voire à l'initiative de simples citoyens. Ils inventorient systématiquement les rares salles consacrées au travail forcé et aux répressions dans les musées régionaux ainsi que les collections des quelques dizaines de petits musées établis, parfois dans des appartements privés, par les «correspondants» de l'association Mémorial qui tentent ainsi de sauvegarder les derniers restes matériels des camps par lesquels, le temps d'une génération, entre le début des années 1930 et le milieu des années 1950, sont passés quelque vingt millions de personnes, soit un adulte sur six (deux millions y ont péri). En Russie, l'État n'a engagé aucune politique patrimoniale concernant le Goulag ou, plus généralement, les répressions staliniennes ; pas la moindre mesure de conservation ou de préservation des sites d'exécution, de détention, de relégation ou d'exploitation de la main-d'oeuvre forcée n'a été entreprise. Seule l'Église orthodoxe s'est intéressée à quelques rares lieux qu'elle a rapidement investis au service de ses propres fins politiques.
En route vers l'aéroport, nous passons la gare de banlieue de Boutovo. Boutovo - l'un des grands charniers de la Grande Terreur de 1937-1938. Près de 21000 condamnés à mort ont été exécutés ici entre le 8 août 1937 et le 19 octobre 1938, dans le plus total secret, dans une zone dite «d'affectation spéciale» du NKVD de plusieurs dizaines d'hectares entourée de hautes palissades, comme il en existait beaucoup à la périphérie des grandes villes soviétiques. Ce n'est qu'au début des années 1990 que des historiens de l'association Mémorial ont «découvert» le lieu, à la suite de patientes recherches dans les archives enfin entrouvertes. Depuis, le site a été repris et investi par l'Église orthodoxe qui y a élevé une église martyrium, dans la tradition russe des «églises-sur-le-sang» pour commémorer les quelques centaines de membres du clergé exécutés à Boutovo en 1937-1938 et élevés au rang de «nouveaux martyrs de la Foi» (les 20 000 autres victimes ensevelies à Boutovo étant largement passées sous silence...). Sous l'impulsion de l'Église orthodoxe, Boutovo est devenu le «Golgotha russe», symbole de l'histoire tragique de l'Église orthodoxe au XXe siècle, le seul lieu de mémoire des répressions visité et reconnu par les plus hautes autorités de l'État, au grand dam des militants de Mémorial.

Revue de presse

En écrivant son récit de voyage (étrangement dépourvu de cartes), Nicolas Werth cherchait donc à traverser les apparences, tentant de donner corps à cette région fantôme qu'il n'avait jusque-là " explorée qu'à travers les tombereaux d'archives de l'administration du goulag ". Vous avez bien lu : " tombereaux " et non " tombeaux ". Les archives ne sont rien d'autre qu'un rebut, et c'est l'historien qui poétise ce reste en trace. Miron Markovitch, 82 ans quand on l'interroge, en ricane : " Vous cherchez les dernières traces avant qu'elles ne s'effacent. Des traces ? Je ne comprends pas. Ce n'est pas le mot qui convient. " Lorsque Werth se heurte ainsi aux bornes de l'écriture académique, à maintes reprises, lui reviennent en mémoire les Récits de la Kolyma, de Varlam Chalamov (Verdier, 2003). Car la littérature est bien l'autre frontière de l'historien, dès lors qu'il fait l'expérience de sa propre insuffisance. (Le Monde du 18 octobre 2012 )

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Par ParcForêt TOP 500 COMMENTATEURS le 10 décembre 2013
Format: Broché
La Kolyma.
Un endroit tellement isolé et désolé que l'on est presque sûr de ne jamais réussir à y aller malgré le désir que l'on pourrait en avoir.
Pour quiconque a lu les Récits de la Kolyma de Varlam Chalamov ou le LE VERTIGE. Tome 1 d'Evguenia Guinzbourg, ou le Journal d'un provocateur et on pourrait comme cela en citer encore bien d'autres, l'évocation seule du nom de cette région évoque la descente aux enfers dont elle a été le synonyme pour des millions de détenus.
Nicolas Werth a fait le voyage et en a rapporté ce livre étonnant par son caractère inclassable.
C'est un véritable carnet de voyage, presque un guide de voyage qui décrit les routes boueuses, les villages désertés et les ferrailles rouillées, les boui-bouis des routiers et les rares hôtels de ces lieux où ne viennent jamais les touristes. Il décrit aussi, presque à contrecœur, les grandioses paysages de ce bout du monde.
Mais ce voyage en terre de Goulag a été entrepris par un historien des répressions staliniennes accompagné de deux membres de l'association Mémorial, dont la vie est consacrée à entretenir la mémoire des souffrances de l'époque soviétique.
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Par Fondetforme TOP 500 COMMENTATEURS le 8 janvier 2013
Format: Broché
Voici en effet un ouvrage à recommander à plus d'un titre.

Comme le dit un autre commentateur, Nicolas Werth est un expert
du totalitarisme communiste russe et il dresse dans cet ouvrage
un tableau poignant des crimes commis pour la Cause ...

Au delà de cela, il est moins question ici d'archives que de voyage. Un voyage
en somme, comme l'écrivait Saint Exupéry, qui vaut mieux que sa destination et
qu'il faut recommander aux experts: incarner le sujet, rencontrer les gens,
décrire les lieux, raconter l'histoire et ainsi aider le lecteur à faire ce
voyage lui aussi.

Enfin, être capable de parler ainsi de ce sujet avec humanité et technicité
pourra sans doute contribuer à embarquer les gens du pays à prendre la route
pour dépasser eux aussi cette mémoire encombrante.
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Par henri34 TOP 1000 COMMENTATEURSVOIX VINE le 23 mars 2013
Format: Broché
Ce superbe essai relate la véritable expédition qu'a entrepris durant l'été 2011 ce spécialiste de l'URSS stalinienne qu'est Nicolas WERTH .
- Son terrain de manoeuvre : La Kolyma ,région grande comme deux fois la France, située à l'extrême orient de l'empire soviétique, face à l'Alaska, à 8 000 km de Moscou ( soit 9 heures d'avion ou 4 mois en wagons affectés au transfert des prisonniers) , particulièrement inhospitalière ( - 50° l'hiver, température légèrement positive une quarantaine de jours au plus fort de l'été)
- Son but : Enquêter sur les goulags de la Kolyma, recueillir des témoignages, récupérer des preuves du passé, des objets, des photos ........
- Le contexte : Avec des moyens de transport plus ou moins improvisés, d'énormes distances à parcourir sur des routes cabossées, des chemins de terre, des pistes qui ne mènent nulle part et ce, tant que le relatif beau temps le permet durant un court été tout juste installé et qui ne va pas tarder à laisser sa place à l'éternel hiver .
La chanson du pays ne dit-elle pas :
« Kolyma, oh ma Kolyma !
Une planète enchantée
Douze mois l'hiver
Le reste , c'est l'été »

Les découvertes « sur le terrain » de l'éminent historien ne seront malheureusement pas à la hauteur de ses espérances, mais auront au moins l'avantage de nous faire découvrir que :
- Bien que d'immenses charniers aient été découverts, d'autres restent encore inaccessibles et le seront de moins en moins .
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