Sauf erreur de ma part, Daeninckx est le seul auteur, avec Pouy, à avoir écrit plus qu'un Poulpe. En fait, il en a écrit trois à ce jour. Celui-ci, paru en 2005, est le troisième et c'est peut-être le meilleur. Bref, comme tous les Poulpe, il se lit vite, d'autant plus qu'il est écrit au présent de l'indicatif, un temps pas toujours facile à manier, mais qui, utilisé à bon escient, sait communiquer au lecteur un sentiment d'urgence. L'histoire, sans surprise pour qui connaît déjà Daeninckx, est éminemment politique et fait resurgir de l'Histoire, la grande, avec un H majuscule, des fantômes passablement honteux. Tout commence ici par la mort suspecte d'un gitan, dans un petit bourg du Cotentin... C'est plus qu'il n'en faut, bien sûr, pour mettre Gabriel sur le sentier de la guerre... Cette guerre personnelle qu'il mène depuis maintenant quinze ans contre tous les poisons insidieux qui gangrènent la société française... Vous l'aurez compris, sous la couverture anodine de ce petit polar et derrière le calembour de son titre se cache en réalité un message profond et puissant sur l'importance de connaître le passé, surtout s'il est sombre, et le devoir de vigilance qui s'impose face aux démons qui sommeillent encore dans le coeur de certains... Autant dire que ce mince ouvrage est une lecture des plus saines!