C'est le dernier chef-d'oeuvre de Mizoguchi. Cinq prostituées d'une maison s'adaptent de manière différente à leur sort, une seule s'en sort, mais en écrasant les autres. La bonne conscience de la société qui condamne ces femmes, les fatalités de la misère, les discours des tenanciers, dont l'idéologie fait penser à celle de tous les patrons, tout est décrit avec humanité et sans didactisme. A la fin, c'est l'image de la couverture, une jeune fille, presque une enfant, s'apprête à continuer ce que d'autres ont fait avant elles. Le film n'est pas optimiste, mais n'impose aucunement au spectateur une atmosphère dépressive, grâce à la générosité du réalisateur, dont nous conservons, au sens fort, l'impression, malgré le tragique des destinées ici montrées.