Futuribles
Le livre d'Alain Peyrefitte, La société de confiance approfondit les idées déjà esquissées en 1976 ( dans Le Mal français) sur le tiers facteur immatériel à la source de tout processus cumulatif de développement. Si l'on se situe dans le schéma que Rostow a vulgarisé dans Les étapes de la croissance économique, il existe entre le stade de la société traditionnelle et celui du décollage une phase intermédiaire au cours de laquelle se rassemblent les conditions préalables au démarrage. Pour Alain Peyrefitte, la condition essentielle ne se trouve pas dans les deux facteurs capital et travail, mais dans l'évolution des mentalités qui, loin d'en découler, en est à l'origine. Le ressort du développement, c'est la constitution d'une société de confiance, confiance que l'État accorde à l'initiative individuelle, et surtout confiance que les individus accordent à l'État, se reconnaissent entre eux et se font à eux-mêmes. Contrairement à la société de défiance gagnant-perdant, "société propre à la lutte des classes (...), la société de confiance est une société en expansion gagnant-gagnant, société de solidarité, de projet commun, d'ouverture, d'échange, de communication". C'est l'établissement d'un tel état d'esprit général qui constitue le tiers facteur immatériel indispensable au décollage. L'essentiel pour l'auteur est de se dégager de tout déterminisme économique pour mettre en évidence les mécanismes mentaux, freins ou accélérateurs du développement, qui sont inégalement présents selon les lieux ou selon les moments. A ce titre, plusieurs questions sont posées dans cet ouvrage : comment faire passer la France actuelle de la société de défiance à celle de la société de confiance ? Comment enclencher le déblocage des mentalités nécessaire aux adaptations que l'ouverture des frontières rend urgentes ? D'un autre côté, comment accélérer l'évolution des mentalités dans les pays du Sud encore victimes du sous-développement ? --Futuribles--
--Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
Présentation de l'éditeur
Qu'est-ce qui permet la modernité, le progrès, la croissance ? Depuis Adam Smith et Karl Marx jusqu'à Max Weber et Fernand Braudel, on n'a cessé de s'interroger sur les causes de la " richesse des nations " ou de leur pauvreté. La plupart des penseurs ont privilégié les explications matérielles. Et si les mentalités et les comportements constituaient le principal facteur du développement - ou du sous-développement ? Pour évaluer la fécondité de cette hypothèse, Alain Peyrefitte propose de revisiter l'histoire de la chrétienté occidentale et montre que le développement en Europe trouve sa source dans ce qu'il appelle un " éthos de confiance " qui a bousculé des tabous traditionnels et favorisé l'innovation, la mobilité, la compétition, l'initiative rationnelle et responsable. " Alain Peyrefitte a mis sa passion et son talent pour essayer de nous convaincre. Il a réussi. " Le Monde.
Biographie de l'auteur
Alain Peyrefitte, membre de l'Académie française et de l'Académie des sciences morales et politiques, fut ministre de la Justice. Il a entre autres publié Du " miracle " en économie. Leçons au Collège de France, 1995.