Dans ce dernier livre qui fait suite à "Dans le nu de la vie" et "Une saison de machettes", Jean Hatzfeld fait encore et toujours parler les rescapés du génocide mené par les Hutus. Les antilopes, ce sont ces Tutsis qui ont du courir comme des animaux à travers la forêt pour échapper à la mort et ils sont rares...
La particularité est que les tueurs sont pour la plupart sortis de prison. Ils reviennent vivre dans les villages-mêmes où ils ont perpétré ces horribles massacres à la machette... (puisque les Hutus et les Tutsis vivaient ensemble dans les mêmes régions) et comme le dit l'auteur, cette nouvelle cohabitation est une situation peut-être complètement inédite dans l'histoire contemporaine. L'auteur essaie donc de raconter, à travers les acteurs, ce face à face qui n'en est pas vraiment un ...Les rescapés ont la tentation du silence (comme toutes les victimes de génocide) et Hatzfeld réussit à les faire témoigner...
Ce livre est dans la même veine que les précédents (sans les photos de Depardon) - il s'agit d'une oeuvre véritable sur ce génocide - et je conseille de commencer par "Dans le nu de la vie". Le livre le plus impressionnant restera pour moi "Une saison de machettes" (voir mon commentaire) qui a obtenu le Prix Femina en 2003, une oeuvre unique sur les bourreaux et la banalité du mal (il y a vraiment quelque chose qui nous dépasse dans ce livre). Sans éxagérer, on peut comparer l'oeuvre d'Hatzfeld à celle de Primo Levi à la différence (énorme) que ce dernier n'a pas vécu les événements et qu'il relate des faits qui ont eu lieu sur un autre continent et à une autre époque.