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4,1 sur 5 étoiles
Les livres de Zuckerman : La tache
Format: BrochéModifier
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27 sur 30 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 11 mars 2005
La lecture de ce roman qui débute par une diatribe des plus opportunes contre le puritanisme nauséabond, moralisateur et réactionnaire qui s'attaqua aux frasques de Bill Clinton, m'a laissé perplexe, partagé et après avoir refermé ce livre, il me reste un goût doux amer dans la bouche. "La tache" aborde un sujet très intéressant puisqu'il traite de la tolérance ou plutôt, de l'intolérance, sous bien des formes. Intolérance raciale, sociale, intolérance face à la liberté de disposer librement de son esprit et de son corps, intolérance engendrée par la guerre également car, presque un quart de siècle après la fin de la guerre du Vietnam, cette dernière marque toujours au plus profond et de manière indélébile (directement ou indirectement) bon nombre des personnages de ce roman.
Philip Roth explore les entrailles de ses personnages qui sont rongés et irrémédiablement modelés, psychologiquement sculptés par cette intolérance, mère de tous les vices.
"La tache" est un roman profondément cérébral, trop peut-être et Philip Roth nous entraîne dans quelques passages mortellement ennuyeux et exagérément statiques. Il ne fait pas de doute que, sans ces longueurs, sans ces lourdeurs pour le moins gênantes, ce livre eut été aussi bon que "Pastorale américaine" et "J'ai épousé un communiste" car Philip Roth est toujours capable, par épisodes, de nous transporter irrésistiblement dans des envolées narratives dont il a le secret.
"La tache" n'est certes pas, loin de là, le meilleur morceau du "triptyque américain" de Philip Roth mais, par contre, c'est peut-être celui qui nous donne le plus à réfléchir sur la condition de l'être humain en général et sur la condition de l'être humain vivant aux USA en particulier.
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27 sur 30 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 7 janvier 2004
J'avoue que La Tâche est le premier livre de Philip Roth que je lis. Et il est excellent. Pele-mele s'y trouvent des critiques parfois subtiles, parfois violentes, de la societe americaine mais aussi _par le biais de Delphine Roux, personnage pas si secondaire du livre_ de la societe francaise. La societe americaine va mal, dit Roth, elle souffre de ses veterans, de sa pudibonderie, de son racisme passe et de la violence de son anti-racisme present, du puritanisme de sa frange droite et de l'ultra-feminisme de sa frange gauche. Le style de Roth est magnifique: il detaille la psychologie de ses personnages en leur empruntant leur langage. Certains effets stylistiques sont eux aussi surprenants et jouissifs, comme la maniere dont on apprend le passe cache de Coleman Silk.
Bref, a lire au plus vite. Et le Nobel pour Roth, ce serait merite.
Dernier petit bemol cependant, la traduction n'est pas a la hauteur: certaines expressions sont mal traduites et d'autres retranscrivent assez mal l'effet voulu par l'auteur.
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2 sur 2 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Victime d'une injustice pour des propos racistes qu'il n'a pas tenus, Coleman Silk démissionne de son poste de doyen en lettres classiques à l'université d'Athena. Les conséquences touchent également sa femme, qui meurt suite à ce scandale. Pour rendre ce drame compréhensible, il demande à son voisin, l'écrivain Zuckerman, d'écrire un livre dans lequel la réalité serait rétablie: « Ils avaient créé de toutes pièces une fausse image de lui, en le taxant de fautes qui n'étaient pas les siennes et ne pouvaient pas l'être (...) ».
Le narrateur Zuckerman va donc chercher à découvrir ce qu'est cette vraie image de Coleman Silk. Cette tâche s'avère particulièrement ardue, car les taches d'ombre sont nombreuses. En effet, Coleman Silk s'est construit un personnage très éloigné de ses véritables racines.
C'est ce grand secret que révèle Zuckerman dans « La tache ». Bâtie sur un mensonge inavoué, et facteur de grandes souffrances pour sa maman, son frère et sa soeur biffés de sa vie, l'histoire de Coleman Silk révèle que les fautes qu'on lui reproche sont en fait bien moindres que celles qu'il a réellement commises. En s'émancipant de sa race, ce Noir accède à une vie très confortable, grâce à son identité nouvelle de Blanc. Mais à quel prix ? Même sa femme et ses quatre enfants ne savent pas qu'il est noir. Et le lecteur ne l'apprend pas non plus tout de suite, le forçant à reconsidérer ce qu'il savait jusqu'alors de Coleman Silk.
Points de vue variables sur un même événement raconté plusieurs fois, longue digression donnant l'impression de jaillir à l'état brut du cerveau de l'écrivain, mises en abîme multiples, anticipation narrative (prolepse) ou au contraire retour en arrière (analepse), « La tache » donne l'impression d'avoir été écrit par un écrivain de grand talent, sans que celui-ci n'ait cherché à faire de sa pépite d'or un bijou méticuleusement ciselé.
Il en découle une lecture parfois laborieuse, des langueurs qui donnent envie de sauter quelques paragraphes (surtout lorsqu'un seul paragraphe s'étire sur plusieurs pages). Mais l'impression finale est que « La tache » est d'une richesse diégétique, narrative et stylistique remarquable, qui mérite qu'on s'y attèle pour en faire ressortir celles d'ombre et de lumière accompagnant l'histoire récente des Noirs aux Etats-Unis.
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8 sur 9 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 28 avril 2003
Rien de moins !
La Tâche n'est pas le premier bouquin de Roth que j'ai lu, mais c'est probablement le meilleur, depuis Le complexe de Portnoy, on avance en profondeur, en lègereté d'écriture (si si), on retrouve dans ce livre la "citadinité" de Paul Auster, le côté "sauvage" de Jim Harrison, le polar à la Jérome Charyn; bref un livre intelligent, suave et dense; c'est l'une des premieres fois où, en pleine lecture, je reprenais quelques pages avant pour le plaisir et plus on y revient, plus on y trouve du plaisir alors A LIRE, toutes affaires cessantes.
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8 sur 9 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 5 novembre 2003
Ce livre est sublime, peut-être le meilleur de Philip Roth avec Le professeur de désir, mais si vous lisez l'anglais, achetez la version originale. La traduction est bâclée et indigne d'un auteur nobélisable comme Roth. La même remarque vaut pour Les Corrections de Jonathan Franzen (la traduction est encore pire).
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1 sur 1 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 20 mars 2015
A la lecture de la critique suivante : [.....]
j'ai eu envie de vérifier par moi même si "La vérité sur l'affaire Harry Quebert" était effectivement une réécriture de "La tâche". Certes, il s'agit d'un écrivain qui enquête également sur son maître en littérature devenu ami, certes les deux aînés sont accusés de "crime" ... mais pour le reste ?!!!
"La tâche" ne m'a pas laissée de marbre malgré une lecture parfois laborieuse. La longueur de certains paragraphes (des phrases qui s'étirent sur une page complète) m'a donne envie de sauter quelques passages. Malgré ça, j'y ai trouvé une très (trop) belle écriture où les travers de l'Amérique sont mis à nu. Un livre qui donne à réfléchir, un livre qui marque !
En résumé : si vous avez envie d'une vraie belle littérature, plongez vous dans "La tâche", si vous avez envie d'un vrai thriller, de celui qui se lit d'une traite, avidement, avec des personnages cocasses, des rebondissements jusqu'aux dernières lignes alors lisez "La vérité sur l'affaire Harry Quebert" !
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4 sur 5 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Coleman Silk est né dans l'Amérique de la ségrégation. Cet événement fondateur l'incitera à se réinventer une identité tout en luttant contre tous les conformismes, sans que cela lui épargne d'être accusé à tort de racisme, ni quand septuagénaire il vivra une histoire d'amour très charnelle avec une jeune femme illettrée d'être la cible d'un féminisme radical incarné par une intellectuelle Française. A travers cette histoire d'une vie, Philip Roth nous raconte cette autre Amérique, puritaine, des working poors, bien-pensante et corsetée, incapable de panser la plaie béante du Vietnam, à laquelle des portraits complexes et nuancés des autres protagonistes évitent tout manichéisme. C'est une formidable ode à l'individualisme et à la liberté, écrite avec densité, nervosité et humour, où chaque phrase, chaque mot est à sa place. Vraiment une lecture contemporaine incontournable.
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7 sur 9 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 2 janvier 2004
Le livre de Roth est comme un alambic qui distille les blocs sociaux et humains, qui les regarde s'effriter, se frustrer, se dévorer les uns les autres. A l'image des blocs humains, les paragraphes monolithiques ou le texte se substitue aux personnages pour les mieux comprendre, pour les creuser jusqu'aux plus intimes fondations. Roth fait s'exprimer la vérité dans les monologues des consciences qui se bousculent.
Si l'on peut reprocher des longueurs ici et là, si l'on a parfois envie de demander à Roth de cesser ses explications et réexplications (M. Roth, vos lecteurs ne sont pas absolument idiots, rassurez-vous!), on doit cependant reconnaitre la finesse exceptionnelle de sa plume - malgré l'horrible traduction faite par dessus la jambe, et je pèse mes mots.
Portnoy dressait un bilan douloureux - malgré le ton jouissif du roman éponyme - et se bornait aux incompréhensions et contradictions levées par sa vie. Trente ans plus tard, Nathan Zuckerman, narrateur homodiégétique, a plus de recul sur le monde, comprend les choses et se permet de garder des mystères tels quels quand ils ont la nécessité d'être mystères. Zuckerman, la voix de Roth, a mûri, a vu grandir la force des absurdités, de la contrainte sociale, et s'élève par rapport à celle-ci dans une sagesse indiscutable.
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18 sur 23 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Il y a des pages jubilatoires tant l'excellence s'impose, notamment tous les chapitres sur Delphine Roux, la prof de fac française, il y a des bons procédés d'écriture, sur le mari brisé par le Vietnam et les méthodes d'aides aux vétérans, il y a de l'humour et une bonne analyse de tous les personnages. Il y a l'affaire Lewinski savoureusement dénoncée qui sert de prétexte, bref il y a une richesse passionnante dans ce roman, toutefois je reste mitigée sur le tout, gênée par la structure du récit. Tout est dit (ou presque) dès le départ, si bien que la suite n'apparaît parfois que comme des développements venant (bien) tard, des impressions de redites. Certains passages m'ont ennuyée jusqu'à ce que je retombe sur des pages grandioses qui me fassent tomber le livre des mains pour souffler, d'admiration et non plus d'ennui ! C'est un très bon roman, mais je ne dirais pas "chef d'oeuvre" comme les critiques veulent nous l'imposer depuis la rentrée, sinon je n'y aurais pas trouvé de longueurs. Mais ça n'est jamais qu'un avis personnel...
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3 sur 4 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 1 avril 2012
Phillip Roth a marqué la littérature américaine du XX Siècle, à mon avis « La tâche » est l'aboutissement de son œuvre.
C'est le seul livre, dans ma vie de bouquineur que j'ai relu immédiatement dés la dernière page terminée.
Coleman est un jeune homme ambitieux qui excelle dans ses études comme dans le sport.
Son père d'une grande rectitude morale, pétri de culture est condamné à exercer des fonctions de serveur dans un wagon-restaurant. Son frère fier de ses origines sera le chantre de sa communauté, portera haut sa « négritude » et, se battra durement pour accéder à de hautes fonctions dans l'enseignement. Sa mère, noble de caractère sera brisée par Coleman.
Nous sommes dans les années 40 en Amérique ou il ne fait pas bon d'être noir. En 1947 la ségrégation scolaire était légale. Coleman « va profiter » de sa peau claire pour passer de l'autre coté de la barrière. Lors de son incorporation dans l'armée, il va se déclarer blanc et s'inventer des origines sémites pour justifier son teint bistre. Il ne faut pas oublier, si l'on en croit Groucho Marx, qu'être juif à l'époque aux US n'était pas non plus une sinécure mais un moindre mal.
Grâce à son choix, affranchi des barrières raciales, Coleman qui a fait ses humanités, enseignera le Grec et le Latin et deviendra doyen d'université.
Sauf, que, son choix a fortement influencé son existence, en bien comme en mal ; il a abjuré sa famille maternelle et a mentit toute sa vie à son épouse et ses enfants. Il s'est marié avec une femme aimante, belle, intelligente, juive qu'il l'a choisi entre autres pour sa magnifique chevelure crépue qui pourrait rendre plausible les cheveux de sa future progéniture et forme avec elle un couple « juif » branché New-Yorkais, style « intellectuel Woody Allen ».
Cette histoire finira mal et lui reviendra en boomerang de façon inattendue.

J'ai synthétisé rapidement tant le livre est foisonnant et ouvre de multiples horizons. En ce qui concerne le choix de Coleman, bien que responsable de ses actes comme tout un chacun, c'est la densité historique qui a déterminé ceux-ci. Il a voulu peser sur le destin, qui peut lui jeter la pierre ?

PS : Le film « La Couleur du mensonge » tiré de ce roman est une catastrophe.
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