Jean-Clément Martin retrace dans ce petit ouvrage la réalité d'une Terreur qui fut surtout fantasmée et déformée par la suite.
Il montre dans le premier chapitre comment la violence imprégnait déjà la société d'Ancien Régime à son crépuscule, et ce y compris par une fascination pour le morbide, pré-romantique, dans l'art.
Les trois chapitres suivants décortiquent la situation entre 1789 et 1794. 1789-1792 : l'Assemblée Nationale s'impose, par la récupération de la violence populaire, et met au point la guillotine qui doit appliquer de manière égale et uniforme, tout en dépersonnalisant l'acte, la peinte de mort adoptée par le nouveau régime. 1792-1793 : le roi renversé par la violence, les prisons vidées pendant les massacres de septembre, la violence devient un moyen de pression utilisé par les groupes révolutionnaires. Devant la montée des périls, intérieurs et extérieurs, en particulier après l'exécution du roi, la Convention tente, tant bien que mal, de récupérer et de canaliser la violence. 1793-1794 : la Convention centralise la violence au sein du gouvernement révolutionnaire, mais la politique de Robespierre finit par se retourner contre lui. L'année 1794 marque ainsi l'apogée de la violence, et les espoirs semés par la Révolution s'éteignent avec Thermidor. Robespierre mis à mort devient le seul et unique responsable de la Terreur, terme postérieur à la période, donc.
Dans un dernier chapitre, Jean-Clément Martin montre comment la culture de la France contemporaine naît de la réaction thermidorienne de 1794-1795. Une lecture politique et idéologique se greffe sur l'événement, et réduit souvent la Révolution à la Terreur. L'historien plaide pour une lecture, au final, plus historienne de l'événement, qui déchaîne encore les passions. C'est sans doute le chapitre qui manque le plus de matière : on aurait aimé un peu plus que les considérations générales que l'on peut y trouver.