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La tyrannie de la pénitence
 
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La tyrannie de la pénitence [Format Kindle]

Pascal Bruckner
4.3 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (9 commentaires client)

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Formats

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Format Kindle EUR 6,49  
Broché EUR 16,44  
Poche EUR 5,80  

Descriptions du produit

Présentation de l'éditeur

« Le monde entier nous hait et nous le méritons bien : telle est la conviction d'une majorité d'Européens, du moins à l'Ouest. Depuis 1945, en effet, notre continent est habité par les tourments du repentir. Ressassant ses abominations passées, les guerres incessantes, les persécutions religieuses, l'esclavage, l'impérialisme, le fascisme, le communisme, il ne voit dans sa longue histoire qu'une continuité de tueries, de pillages qui ont abouti à deux conflits mondiaux, c'est-à-dire à un suicide enthousiaste. A ce sentiment de culpabilité, toute une élite intellectuelle et politique donne ses lettres de noblesse, appointée à l'entretien du remords comme jadis les gardiens du feu. Dans cette rumination morose, les nations européennes oublient qu'elles, et elles seules, ont fait l'effort de surmonter leur barbarie pour la penser et se mettre à distance d'elle, construisant un monde de paix et de prospérité. L'Europe a sans doute enfanté des monstres, elle a du même coup enfanté les théories qui permettent de détruire les monstres. Curieusement nous vivons aujourd'hui une situation de repentir à sens unique : celui-ci n'est exigé que d'un seul camp, le nôtre, et jamais des autres cultures, des autres régimes qui se drapent dans leur pureté supposée pour mieux nous accuser. Mais l'Europe accepte trop volontiers le chantage à la faute ; si nous adorons nous flageller et nous couvrir la tête de cendres, n'est-ce pas que notre souhait secret est de sortir de l'Histoire, de nous abriter peinards, dans le cocon de la contrition, pour ne plus agir, échapper à nos respnsabilités ? La repentance n'est peut-être rien d'autre que le triomphe de l'esprit d'abdication. » P.B

Biographie de l'auteur

Romancier, essayiste, Pascal Bruckner est, entre autres, chez Grasset, l'auteur de La Tentation de l'Innocence (prix Médicis de l'essai en 1995), Les Voleurs de beauté (prix Renaudot en 1997), L'Euphorie perpétuelle (2000), Misère de la prospérité (prix du Meilleur livre d'économie en 2002), et L'Amour du prochain (2005).

Détails sur le produit

  • Format : Format Kindle
  • Taille du fichier : 367 KB
  • Nombre de pages de l'édition imprimée : 258 pages
  • Editeur : Grasset (4 octobre 2006)
  • Vendu par : Amazon Media EU S.à r.l.
  • Langue : Français
  • ASIN: B005OWJ2OE
  • Moyenne des commentaires client : 4.3 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (9 commentaires client)
  • Classement des meilleures ventes d'Amazon: n°29.452 dans la Boutique Kindle (Voir le Top 100 dans la Boutique Kindle)
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Pascal Bruckner
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Commentaires client les plus utiles
31 internautes sur 35 ont trouvé ce commentaire utile 
Format:Broché
Face au déferlement de contrition, d'auto accusations et de haine de soi qui accable les démocraties occidentales, cet ouvrage alerte et bien écrit, relève, entre autres choses, que ce dérèglement intellectuel est unilatéral.

En effet, aucune pénitence, aucune repentence n'est exigée des civilisations non judéo-chrétiennes pour leurs crimes passés.

Espérons que ce livre n'est pas venu trop tard pour sonner un salutaire réveil.
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15 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile 
La forteresse invisible 18 janvier 2007
Format:Broché
Une réflexion intéressante pour expliquer une tendance actuelle observée par tout un chacun : le flétrissement systématique de l'histoire occidentale, notamment française. Ceci pas seulement par des intellectuels « engagés », mais par une large partie des élites et référents culturels.

Pour l'illustrer, l'auteur rappelle -entre autres- la récente chape de plomb tombée sur le 200 anniversaire de la bataille d'Austerlitz. En fait, il fustige cette dérive comme d'une part une preuve de faiblesse morale caractérisée -comparée à un renoncement- et d'autre part pour un penchant condescendant qui perpétue de manière perverse une situation d'infériorité des peuples anciennement sous tutelle. Or celle-ci n'est plus de mise : l'émancipation des ex-colonies est une réalité incontournable.

L'auteur décrit le fond du problème se situant entre Mémoire et Histoire. Si la Mémoire accable les victimes comme les bourreaux qu'elle désigne, l'Histoire, elle, apaise, en rétablissant la vérité, elle permet la réconciliation.

Bien que l'ouvrage soit convaincant, en ce qu'il décrypte les ressorts et non-dits de ce phénomène d'auto-flagelation, l'exposé tend à se perdre dans une certaine confusion, lorsqu'il prend une posture critique sur la politique internationale et qu'il aborde les ratés de l'intégration.

Ainsi, suivant ses prédécesseurs, notamment JF Revel et J Sevilla, P Bruckner s'attaque à une des facettes du politiquement correct. Si son axe d'étude apporte un éclairage didactique sur celui-ci, il ne parvient pas totalement à s'en extirper, tant il est vrai que ces prisons intellectuelles, bâties et renforcées des années durant, sont entourées de murailles abruptes.
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36 internautes sur 42 ont trouvé ce commentaire utile 
Format:Broché
Ouvrage salutaire que l'essai de Pascal Bruckner sur « le masochisme occidental ».

S'inscrivant comme suite logique à son désormais célèbre « sanglot de l'homme blanc », il frappe juste en montrant les effets pervers de la culpabilité obsessionnelle vis à vis des fautes du passé, devenue la marque de l'Europe et tout particulièrement de la France.

Bruckner flétrit la tendance actuelle à vouloir systématiquement prendre le parti des vaincus, des rebelles et des auto-prétendus opprimés, jusqu'à se dresser contre ses propres alliés et à ériger des brutes en héros.

Loin de les inciter à progresser, ce dérèglement des sens conduit à infantiliser et déresponsabiliser nombre d'excités du tiers monde en excusant leur comportement actuel par leurs peines passées. On en vient d'ailleurs à se demander s'il s'agit de stupidité ou de lâcheté : « on s'agenouille devant les fous de dieu, on accepte leur révolte, et on bâillonne ou on ignore les libres penseurs. »

On cultive un devoir de mémoire intransigeant sur les drames du passé mais on se révèle d'une incurable myopie ou bien complaisants sur les maux actuels : Cambodge, Rwanda, Bosnie, Darfour, Tchétchénie, Corée, Irak, Iran...

Avec une mauvaise conscience aussi dogmatique, Bruckner montre qu'en recherchant trop opiniâtrement les fautes anciennes, on laisse entendre que tout individu est une victime potentielle. « Chacun de nous acquiert en naissant un portefeuille de griefs qu'il devra faire fructifier. » De cette manière, on ne referme pas les plaies, on en crée de nouvelles : « j'étais malheureux, je ne le savais pas ».

Appliquée aux affaires intérieures du pays cette logique amène une étrange manière de penser : l'anticolonialisme sert de marxisme de substitution à toute une gauche en perte de compréhension du monde, l'anti-libéralisme et l'alter-mondialisme deviennent des substituts aux illusions socialistes perdues.

On voit l'empreinte maléfique de la « Loi du marché » partout et même dans les aléas climatiques, et on finit « par lire les Minguettes ou la Courneuve avec les lunettes des Aurès ou des hauts plateaux du Tonkin »...

Il y a dans cet ouvrage un constat pertinent des maux qui rongent notre société.

Au titre des critiques, on peut toutefois regretter une organisation générale un peu confuse. Cette impression est renforcée par l'excès de notes de bas de page et le surgissement de curieux encadrés en fin de chapitre, dont on ne comprend pas bien la signification vu qu'ils sont souvent sans lien évident avec ce qui précède.

La thèse n'est d'autre part, pas exempte de contradictions.

L'auteur reproche par exemple à la France « la détestation qu'elle se porte à elle-même », une « jubilation morose à se déprécier », et l'instant d'après il l'accuse au contraire de « s'identifier avec l'universel », de « se gargariser de sa grandeur ».

S'attaquant vertement à l'anti-américanisme, il ne peut pourtant pas s'empêcher de sortir le traditionnel couplet anti-Bush accusant notamment l'administration actuelle de « rompre de façon inquiétante avec l'alliance d'empirisme de bon sens et d'enthousiasme qui a toujours caractérisé l'Amérique. » Plus fort, il qualifie même l'entourage du président « d'anciens bolcheviks passés à droite», et de « lobby néo-impérialiste » ! Quant à George W. Bush, il le dépeint comme « le messager antipathique de la liberté » !

C'est dommage, car venant à la fin de l'ouvrage ça en atténue un peu la portée.

Il faut en effet décider si le fait de porter haut l'étendard de la démocratie et de ses convictions constitue une qualité ou un défaut.

On peut lire par exemple que la démocratie résulte d'une « lente maturation », ce qui suggère qu'elle ne peut être imposée par la force, et qu'en terre musulmane elle ne s'établira « qu'à partir de l'islam et non dans sa négation », contrairement semble-t-il à ce que feraient actuellement les Américains.

Or, à l'inverse de ces affirmations, on a vu la démocratie s'installer de manière brutale et sanglante, et pourtant durablement au Japon et en Allemagne. Jamais enfin, en dépit d'une indéniable naïveté et de maladresses, l'administration Bush dans son grand dessein de faire progresser la liberté, n'a remis en cause l'islam lui-même, surtout pas en Irak.

Ces réserves mises à part, on ne peut que tomber d'accord avec l'exhortation avec laquelle Bruckner conclut son exposé : « Que l'Europe chérisse la Liberté comme le bien le plus précieux, et l'enseigne dès l'école aux enfants. »
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