Finalement, j'ai craqué et j'ai lu le premier tome de la série de Christopher Pike sur les vampires. Je savais que les critiques étaient mitigées... et bien pas de surprise, je suis mitigée moi aussi. Elément à garder en mémoire: ce récit a été écrit en 1994, époque où les téléphones portables étaient quasi inexistants, où Internet balbutiait, et où on copiait encore les données sur des disquettes. Et surtout, depuis le milieu des années 90, la littérature vampirique s'est considérablement développée, et ce roman paraît un peu... poussiéreux.
De ce que j'ai trouvé, Christopher Pike a écrit six tomes sur "The Last Vampire".
Voici les titres en anglais (les deux premiers ont été pour le moment réédités en français):
1- The Last Vampire
2- Black Blood
3- Red Dice
4- Phantom
5- Evil Thirst
6- Creatures of Forever
Le premier tome (190 pages), raconte à la première personne l'histoire de Sita, une vampire née il y a 5000 ans, et la dernière pense-t-elle de son espèce. Sita est une très belle blonde aux yeux bleus (avec son âge je l'aurais plutôt pensée brune à la peau sombre, mais l'auteur donne un peu plus tard une explication plausible), qui semble avoir une petite vingtaine d'années maximum.
Sita s'ennuie. Elle est riche (très), belle, puissante, mais seule. Et elle a tout connu. Elle s'est installée dans une routine, jusqu'à ce qu'un jour un enquêteur commence à enquêter sur elle. Elle va essayer de comprendre qui a lancé l'enquêteur sur ses trousses, et dans sa quête va nouer des liens avec deux adolescents: un geek porté sur le surnaturel (Seymour) et un beau garçon fils de l'enquêteur qui la surveillait (Clay).
L'auteur fait un récit à la première personne, ce qui j'apprécie beaucoup (on fait mieux connaissance avec le personnage et on "vit" mieux le récit). L'écriture est agréable, voire même un peu élégante (ne pas oublier que le récit a été écrit en 1994, avant les SMS, les e-mails, et Internet en général). L'intrigue est très resserrée et les actions s'enchaînent rapidement. Un peu trop.
Ce qui est dommage c'est le manque de psychologie développé par l'auteur. Sita se présente comme impitoyable, tuant quand elle le doit, et comme très solitaire (son unique amour est mort 5000 ans plus tôt). Or elle tombe amoureuse en quelques jours de Clay, un charmant lycéen sûrement, mais qui a 5000 ans de différence avec elle, une personnalité lisse, et aucune action particulière à son actif. Elle dit qu'il lui rappelle son ancien amour, mais elle n'explique jamais en quoi, et a priori ce n'est pas le physique. Quant à la personnalité j'en ai déjà parlé donc j'ai vraiment du mal à comprendre. Elle va aussi rapidement nouer des liens d'amitié avec Seymour, elle qui a passé des siècles et des siècles seule, ne considérant les humains au mieux que comme des animaux de compagnie.
Autre problème, l'auteur a voulu innover sur l'origine des vampires, et la fait remonter à l'Inde ancienne, avec Krishna en mentor des vampires. Certes, c'est original. Mais franchement... j'ai du mal à y croire.
Finalement, malgré une écriture fluide et plaisante, j'ai eu l'impression de lire du sous Anne Rice. Il n'y a pas la flamboyance, la démesure de chez Anne Rice. Les personnages secondaires manquent de profondeur. Cela reste un récit plaisant pour de jeunes adolescents. Cependant, comme déjà dit en introduction, le tout fait un peu poussiéreux et Rachelle Mead, PC Cast et consorts ont fait des récits vampiriques maintenant plus en phase avec la génération actuelle.