Quatrième volume d'une série de cinq polars/thrillers/romans d'espionnage (c'est selon). Chacun prend pour personnage central un policier lié au commissariat de la Capitale, ville anonyme d'un pays d'Europe centrale, à dix ans d'intervalle. Le premier roman se déroulait dans les années 1940, le 4e dans les années 1970. Il y en a encore un cinquième pour les années 1980. Chaque décennie représente aussi une phase différente pour les régimes communistes de l'Europe de l'Est, ce qui apparaît dans les 5 volumes. Le premier volume montre la mise en place du système socialiste, le dernier nous fait assister à ses derniers moments.
La volume commenté ici, la Variante Istanbul, a pour toile de fond une étape particulière de la guerre froide, quand les services secrets finançaient systématiquement des groupes terroristes à des fins de déstabilisation et de propagande, quand la manipulation de l'opinion passait des machinations de longue haleine.
Le problème, avec cet épisode, est qu'on a l'impression que l'auteur, s'étant donné un canevas et une façon de procéder, n'a pas été particulièrement inspiré par son sujet (enquète sur un détournement d'avion qui tourne mal, montage machiavélique opéré par les services secrets de la Capitale). Ses personnages manquent de profondeur psychologique, le dénouement n'est pas convaincant.
Cela dit, on voit avec intérêt se croiser, dans le livre, trois personnages de "tchekiste/kgbiste": le vieux expérimenté avec une certaine droiture (au service d'un régime totalitaire), le jeune, plus idéaliste, plus faillible, mais désireux de bien faire (toujours au service du même régime) et enfin le moins jeune (et moins vieux), cynique, assoiffé de succès, sans scrupules clairement le "mauvais", qui en quelque sorte fait définitivement basculer le régime dans l'ignominie.
Question: existe-t-il de bons et des méchants agents du kgb/securitate/stasi/etc?
Il n'en reste pas moins que la série des cinq volumes est absolument remarquable et vaut largement d'être lue en entier.