On se demande parfois pourquoi des éditeurs publient des livres qui ne font que reprendre en moins bien ce qui existe déjà sur le même sujet.Après les ouvrages d'Hervé Le Boterf,Ragache ou Lottman,après la thèse partiale de Sapiro,après le travail exhaustif de Phillipe d'Hugues sur le cinéma,après la vision d'ensemble de Venner dans son Histoire de la collaboration,après les travaux spécialisés sur le théâtre ou l'édition,il y avait sans doute encore des choses intéressantes à dire sur la vie culturelle sous l'Occupation.Ce n'est pas l'ouvrage de Stephane Corcy qui les fera découvrir.Accordons-lui quelques pages sur l'encadrement des Antiquités nationales (lois Carcopino de 1941 et 1942).Mais ces pages sont précédées par un titre "correct" qui dit le contraire du texte (Vichy:protecteur illusoire).
Agrégé et docteur en histoire,l'auteur cultive le conformisme et l'art d'ennuyer:une accumulation de noms, de dates et de faits hors de tout contexte historique et humain vivant ne font pas un livre.Aucune voix ne se fait entendre.Aucun témoignage ne vient éclairer ce lourd pensum.Un travail de greffier parsemé d'erreurs relevant parfois de la diffamation post mortem:Pierre Benoît,Léautaud,Arland,Céline ou Chardonne auraient bénéficiés des "prébendes de l'ambassade"!Drieu viendrait de l'Action française.Maurice Bardèche (qui s'est gardé de tout engagement dans la période) est confondu avec son frère Henri,etc,etc.Contre Brasillach,l'auteur reprend les imputations de la citation fausse du 25 septembre 1942.On apprend aussi que l'écrivain serait revenu enchanté en 1937 du congrès de Nuremberg,alors qu'il écrivait "Nous devons nous tenir sur nos gardes"...Seuls sont épargnés les écrivains passés à la gauche résistancialiste ou au communisme en 1944,Roy,Blanchot,Sartre,Simone de Beauvoir.Au total un rapport de gendarmerie soporifique et manichéen.