Selon l'auteur, l'expérience post-moderne est une expérience qui est en déliquescence, d'où le titre de son ouvrage: la vie en miettes.
Il décrit de long en large l'effondrement des valeurs, et la resurgence d'expérience post-modernes réactionnaires comme le nationalisme et le régionalisme.
Dommage, au-delà de la description, une analyse critique et épistémologique, on ne trouve rien, pas de plaidoyer pour un autre monde possible, c'est là l'effondrement dont parle l'auteur, il n'y a plus rien, il n'y a plus de promesses, il n'y a plus à attendre le grand soir.
Avec l'auteur, je reprend les propos de Jeremy Bentham: « Si un homme refuse de travailler, il ne lui reste plus qu'à manger son pain sec et boire son eau, du matin jusqu'au soir, sans personne à qui parler. »
La signification morale du discours a disparu: Les relations humaines se font dépouiller de leur signification morale, ce qui les dispense d'évaluation morale et les rend « moralement » hors de propos.
Rien n'échappe à la pensée critique de Bauman, et c'est peut-être là son côté un petit peu pervers, à prendre avec des pincettes, car même si tout s'effondre, il faut comme pour le travailleur, faire semblant que tout poursuit tranquillement son bonhonmme de chemin:
1° Le marché ne reconnaît aucune référence culturelle: Le marché ne reconnaît d'autre hiérarchie culturelle que celle de l'attitude à se vendre.
2° Les nouveaux ensembles politiques sont dépourvus d'identité: Il se pourrait que les nouveaux progrès de l'unification économique et politique ne soient pas suivis d'un renforcement analogue du sentiment de l'identité européenne.
3° Les privilèges s'effondrent plus vite qu'ils ne sont dénoncés: Aucun privilège ne peut toutefois survivre à son universalisation.
4° La nation perd sa raison per se: Une nation politique est une prison d'autant plus néfaste que ses justifications pratiques disparaissent.
A recommander à tous les désabusés qui n'ont pas peur de l'être.