Les quelques 15 Euros déboursés pour ce Labo M vous offriront le privilège de pénétrer dans la joyeuse intimité du processus créatif de Mathieu Chédid pour quelques 38 minutes et des poussières. Si l'univers fantaisiste de M est bien perceptible tout au long de ces bricolages et errances musicales, l'excitation procurée par le voyage est toutefois inégale et n'atteint franchement jamais l'envol espéré.
Force est de constater que, exception faite d'apparitions furtives de Vincent Ségal au violoncelle, l'absence de la section rythmique à laquelle Mathieu nous a habitué (Bumcello) manque terriblement au groove de l'ensemble. À tout prendre, le montage intrumental caché à la toute fin de l'album "Le baptême" semble nettement plus inspiré. Sans être un rattage à proprement parler, la parution du Labo M aurait mieux fait de profiter d'une distribution confidentielle via le site officiel de l'artiste (www.jedisaime.com).
Donc si l'exercice est, tout au plus, amusant pour ses fans assidus (dont - me croirez-vous - je suis du nombre), l'amateur de pop/rock hexagonale de qualité (créneau auquel appartiennent sans contredit ses parutions précédentes) en quête d'une saveur rafraîchissante fera mieux de tenter l'aventure ailleurs, la relève ne manquant pas.