9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Pour savoir ce qu'enchantement veut dire, 29 mars 2009
Pratiquement quatre décennies après avoir découvert "Ladies of The Canyon" vers 15 ans en 1971, écouter cet album aujourd'hui me fait toujours venir les mêmes mots à l'esprit : offrande, luminosité, harmonie. Joni Mitchell accueille l'auditeur avec la splendide mélodie de "Morning Morgantown", puis le fait voyager par quelques compositions d'anthologie comme "Conversation", "Ladies of The Canyon" ou encore le célébrissime "Woodstock", avant de le saluer fraternellement avec "The Circle Game", la description la plus juste et naturelle, sous forme de chanson, que je connaisse pour exprimer ce qu'est la vie. Que rajouter de plus ? D'abord dire que tous les autres morceaux sont très finement ciselés et que la performance vocale et instrumentale (à la guitare et au piano) de la chanteuse canadienne est peut-être restée sans équivalent dans ce genre musical depuis cette époque. Alors que l'on pouvait encore déceler un peu d'application et "d'exercice de style" dans les deux premiers vinyls de Joni Mitchell, "Ladies of The Canyon" est débordant d'assurance, d'évidence et d'impact en projetant à la fois des textes et des musiques à l'inépuisable richesse. C'est pourquoi il importe peu que vous découvriez ce disque presque quarante ans après sa sortie : son pouvoir communicatif est aujourd'hui intact et aura sur vous, je l'espère, cette mystérieuse capacité à illuminer et occuper les territoires secrets de vos quêtes musicales.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
CHRONIQUE DE JACQUES VASSAL MAGAZINE ROCK&FOLK, 30 octobre 2011
CHRONIQUE DE JACQUES VASSAL MAGAZINE ROCK&FOLK JUILLET 1980 N° 162 Page 97
3° Album 1970 33T Réf : Reprise WEA 44085
Si "Song to a seagull" et "Clouds" révélaient une voix et une sensibilité poétique et picturale de femme, et faisaient de leur auteur une vedette, "Ladies Of The Canyon" va plus loin, qui fera d'elle une star, une artiste majeure de son époque et en particulier une musicienne accomplie. Joni Mitchell signe ici tous les arrangements, son piano prend - pour la première et non la dernière fois - le pas sur la guitare et elle est soutenue par d'autres instruments (violoncelles, flûtes, saxo soprano, clarinette, percus et choeurs). En cette année 70, Joni Mitchell, qui file le parfait amour avec Graham Nash, est installé dans une charmante petite maison à Laurel Canyon, et c'est à ses voisines (et, par ricochet, à-elle-même) qu'elle consacre la chanson-titre de cet album. Portraits de femmes, encore, de ces jeunes dames (parmi lesquelles Cass Elliott) qui aiment à recevoir dans leurs intérieurs à la désinvolture étudiée, en une sorte de luxueuse convivialité. Crosby, Stills, et Nash (et bientôt Young), alors en pleine gloire, sont de toutes les fêtes, la musique s'affirme et les trouvailles fusent. Mais tout cela ne peut masquer l'amertume de la célébrité : dans "For free", la chanteuse aperçoit un musicien de rues inconnu qui, sur sa clarinette, "jouait vraiment bien, gratis". C'est l'occasion pour elle de s'interroger sur la condition de star :
- A présent, moi je joue pour la fortune
- Et ces rappels derrière le rideau de velours
- J'ai une limousine noire et deux messieurs
- Pour m'escorter vers les salles
- Et je joue su vous avez l'argent
- Ou si vous êtes de mes amis.....
C'est la fin de "For Free", avec ce merveilleux petit solo de clarinette qui, tel un sanglot, gonfle avant de mourir, que le goût de Joni Mitchell pour lr jazz fait sa première apparition. Un goût qui, au fil des années, deviendra passion dévorante....Le piano fait encore des prodiges dans une chanson très intense - et sa composition la plus élaborée : "The Arrangement", réflexion sur la médiocrité d'une petite vie bourgeoise, mariée et bien rangée, qu'elle adresse à un ancien ami, elle qui a su en réchapper. On retrouve d'ailleurs ici le symbolisme des clés de "I Had A King"
- C'est toi le gardien des cartes
- Oui je sais ça devient dur
- De faire encore tourner les roues ;
- Et l'épouse qui garde les clés,
- Bien contente de faire partie du compromis....
"Riny Night House" est un ultime souvenir pour Leonard Cohen, tandis que l'écriture de "The Priest", avec son symbolisme religieux (fort rare chez Joni Mitchell), semble tout droit dictée par lui (surtout le dernier couplet).
Les trois dernières chansons, on s'en souvient sans doute, furent des tubes en leur temps : "Big Yellow Taxi", chanson écologiste, par son auteur ; "Woodstock" par C, S, N & Y ; "Circle Game", par Tom Rush puis Buffy Saint Marie. Elles sont devenues des standards.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non