Tout a été dit sur cette oeuvre d'art et l'envoûtement qu'elle procure : somptuosité des images, perfection du rythme, acteurs magnifiques (Marina Hands y est immense).
Film sur une libération, une insoumission, et pas seulement celles de Lady Chatterley. Car ce qui frappe aussi, c'est l'audace inouie de Pascale Ferran. Audace d'avoir réalisé un film tellement en-dehors du temps, de son temps, un film qui est un doigt d'honneur à notre société, par son absence totale de marketing, par le choix de son sujet, par son extrême simplicité, son dénuement. Le monde entier se rince l'oeil sur internet où les couples font l'amour, Pascale Ferran va dans l'autre sens, celui de l'innocence, du romantisme absolu, de l'intériorité... Le monde entier se rue dans les salles pour visionner les mêmes daubes marketées, calibrées, Ferran offre un film à la puissance discrète, presque secrète... On pense à Renoir, à Pialat, à Kurosawa, que des maîtres, eux aussi en-dehors des modes - le film n'a rien à leur envier...
Je ne peux pas énumérer les moments de grâce, ils sont trop nombreux. Mais la scène qui m'a le plus ému est celle où Connie, de sa voiture, regarde les ouvriers sortir de la mine. Dans sa justesse, il me semble qu'elle résume le film à elle seule.
Importance du rythme, du silence, et plus encore, des mots, peu nombreux, et qui résonnent... "Il faut que ton coeur reste pur"... Et surtout le "Oui" du garde-chasse, dernier mot du film, qui est le oui de l'envie, du désir, le oui de la vie... Merci, Madame Ferran.