"Laisse moi entrer" était une bonne surprise. C'est un livre de vampire "old school", donc loin de la bit-lit actuelle. Les vampires n'y sont pas des êtres séduisants (comme Eric Northman, Edward Cullen, Bill Compton, Mircea, Bones etc.), loin de là - et j'ai adoré retrouver ce style !
Le roman se déroule dans une petite banlieue de Stockholm, une banlieue désenchantée dont tous les habitants se débattent au quotidien avec leurs soucis. Oskar, douze ans, est un peut grassouillet et se fait harceler par des jeunes de son école, Lacke et ses amis boivent trop, Tommy, un voisin d'Oskar, supporte mal le nouveau petit ami de sa mère, un policier, et ne cesse dès lors de commettre des petits larcins etc. etc. Bref, une environnement triste et sans espoir.
Un jour eménagent alors Eli et son "père" Hâkan. Eli, un vampire de plus de deux cents ans, a l'apparence d'une petite fille de onze ans. Hâkan, un ancien professeur de suédois, a perdu son travail en raison de ses penchants pédophiles.
Et les meurtres commencent, terrorisant tous les habitants de la ville : des jeunes sont retrouvés morts, des hommes sont assassinés sauvagement. Un meurtrier en série sévit dans le voisinage....
Le vampire est ici un véritable monstre qui a besoin de tuer ses victimes pour survivre. Il doit boire du sang, beaucoup de sang. Pas de substituts, pas de victimes survivants. Eli n'a aucune autre solution que de tuer ou d'implorer Hâkan de le faire pour elle. C'est ainsi. La condition de vampire n'est pas un plaisir, malgré l'immortalité qu'elle apporte.
Dans cette ambiance grisâtre, une chose improbable se produit : Eli se lie d'amitié avec Oskar. Si des mondes les séparent, ils se retrouvent pourtant dans leurs difficultés et même leur solitude.
Avec ce roman j'ai retrouvé le plaisir des livres d'horreur de mon enfance. En outre, le fait que le vampire ait été créé alors qu'il n'était qu'un enfant aborde cette question terrifiante : comment vivre si on est éternellement un petit enfant, sans jamais grandir ? (on ne peut s'empêcher de penser à "entretien avec un vampire").
Ce livre nous fait partager un moment d'angoisse, de désespoir, dans lequel les caractères tentent de se raccrocher à l'amitié.
Et un petit bonus pour les nostalgiques : ce livre, écrit dans les années '80, nous rappelle les joies des "walkman", des cassettes qu'on enrégistre, des 33-tours et le Rubik-Cube.