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Laisser les cendres s'envoler Broché – 18 août 2012


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Descriptions du produit

Extrait

J'ai perdu ma mère. Elle a disparu il y a plus de dix ans. Ma mère est morte, je le sais. Mais, lorsque j'y pense, je ne ressens aucun chagrin, pas la moindre émotion. Tout reste plat comme une mer gelée, pas un seul petit frémissement à la surface de l'eau. Quand je pense à elle, il ne se passe rien.

Je l'avais perdue bien avant qu'elle ne meure et, dès qu'elle traverse mes pensées, mes souvenirs deviennent des ombres chinoises même si, parfois, un instant apparaît dans le vide, un éclat du passé semblable à du verre, fragile et transparent.

Je devrais m'en vouloir, me sentir coupable, éviter de poser ces questions sans réponse et qui resteront à jamais lettre morte. Mais, en même temps, ce qui m'attire, ce qui me pousse vers l'avant, au risque de me faire trébucher, c'est ce néant surgissant dès que je pense à elle.

Le rien de cette relation est devenu chez moi aussi profond que l'absence de désir d'enfant. Impossible de m'imaginer donnant la vie. À sa façon, ma mère s'est enfuie avec la mienne, me laissant sans recours face au froid qui s'installe à sa seule pensée.

Une cantate de Bach, la 51e, chantée par Suzanne Danco. C'est par là que je peux commencer, tenter d'attraper quelques bribes de ce que nous avons vécu elle et moi. En l'écoutant me revient l'image de ce gramophone posé sur une table, puis la sonorité nostalgique de ce disque de vinyle égrainant son léger grésillement, derrière lequel étincelait la voix si pure de la cantatrice.

J'avais neuf ans. À ce moment-là j'aimais encore ma mère. Quand ai-je perdu sa trace ? Par quelle tourmente le brouillard est-il venu tout recouvrir ?

Dans ma famille, tout le monde s'est toujours tu, comme si parler était indécent, comme si les mots étaient des injures. La bienséance, la bonne éducation s'accompagnaient forcément d'un épais silence. Parler oui, mais pour ne rien dire. Bavarder plutôt, de tout et de rien. À la question «Comment vas-tu ?», ne jamais- s'écarter de la seule réponse possible : «Très bien.» Dire que j'allais mal, que des doutes pouvaient me torturer, c'était inconcevable.

Revue de presse

L'ouvrage est si finement tissé que le lecteur n'en a cure. La sorcière et sa méchanceté bonasse, l'artiste peintre et ses oeuvrettes ruineuses, l'oncle élégant qui comprend tout, mais ne répond de rien, la mère faible et amoureuse, la fille obstinée qui veut jouer les Don Quichotte... On se familiarise avec des personnages attachants. Ils sont les héros d'un roman sans temps mort, sensible, mais qui évite l'écueil de la sensiblerie. (Jérôme Béglé - Le Point du 20 juillet 2012)

La fille de Maurice Reims brosse un portrait savoureux de la famille Rothschild et évoque, avec un mélange de rage et de mélancolie, ses relations avec sa mère. "J'ai perdu ma mère. Elle a disparu il y a plus de dix ans [...] Je l'avais perdue bien avant qu'elle ne meure et, dès qu'elle traverse mes pensées, mes souvenirs deviennent des ombres chinoises..." Les premières lignes de Laisser les cendres s'envoler sont étincelantes. Pour évoquer sa mère, inspiratrice de son 14e roman, Nathalie, la fille de Maurice Rheims a assurément trouvé le ton, mêlant mélancolie, rage, pudeur et effronterie. (Marianne Payot - L'Express, août 2012)

Trouver le ton juste, la bonne distance, le point de vue approprié, sans taire sa douleur, sans préserver ceux qui vous ont fait du mal, et sans se mentir. Nathalie Rheims réussit cette prouesse dans un livre autobiographique plein de pudeur et de détermination. (Marine Landrot - Télérama du 19 septembre 2012)

Issue de l'une des branches de la dynastie Rothschild, la jeune fille a d'abord vécu avec une mère mondaine et un père toujours absent avant que, vers ses 13 ans, le maître d'hôtel ne lui annonce que sa mère était partie, sans prendre la peine de le lui dire...
Dès lors, l'enfant ne cessera de feindre l'indifférence froide, l'oubli, " le désengagement le plus total ", comme si masquer sa douleur pouvait l'annuler. Devenue écrivain, elle n'évoquera jamais, même de façon détournée, sa mère, jusqu'à ce que l'écriture de Laisser les cendres s'envoler s'impose à elle : conçue comme une enquête généalogique, le livre cherche dans les lois de son milieu ce qui a pu conduire la mère à délaisser sa fille pour un artiste qui a tout d'un imposteur. L'écriture tangue ainsi entre le reproche, l'explication et la justification. Elle s'efforce néanmoins de rester aussi clinique que possible pour contenir sa colère et son dépit, et finir par accepter que cette inconséquence maternelle ait opportunément rendu libre une enfant que tout prédestinait à hériter de la fortune, mais surtout de l'étroitesse d'une famille où ne règne que " la fraude des sentiments ". (Florence Bouchy - Le Monde du 25 octobre 2012)


Détails sur le produit

  • Broché: 254 pages
  • Editeur : Editions Léo Scheer (18 août 2012)
  • Collection : EDITIONS LEO SC
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2756103926
  • ISBN-13: 978-2756103921
  • Dimensions du produit: 19 x 1,9 x 12,5 cm
  • Moyenne des commentaires client : 3.7 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (15 commentaires client)
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile  Par Chris sur 10 octobre 2012
Format: Broché
Ce livre est certainement le meilleur de Nathalie Rheims qui développe une oeuvre originale qui fait le tour de tous les rapports familiaux. Celui-ci, consacre aux relations entre mère et fille est particulièrement émouvant derrière une froideur apparente. Comment se reconstruire quand on a été plaqué par sa mère qui vous a abandonné pour une sorte de gourou dont le but est de vous effacer de sa vie et donc de votre propre vie ?
Ce livre est un véritable bijou qui permet à tous de comprendre comment fonctionne cette fameuse résilience dont tout le monde parle depuis le succés du livre de Boris Cyrulnik.
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6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile  Par Laure COMMENTATEUR DU HALL D'HONNEURTOP 100 COMMENTATEURSVOIX VINE sur 20 août 2012
Format: Broché
Premières phrases :
« J'ai perdu ma mère. Elle a disparu il y a plus de dix ans. Ma mère est morte, je le sais. Mais, lorsque j'y pense, je ne ressens aucun chagrin, pas la moindre émotion. Tout reste plat comme une mer gelée, pas un seul petit frémissement à la surface de l'eau. Quand je pense à elle, il ne se passe rien. »

Alors qu'elle était encore adolescente, la mère de la narratrice a quitté le foyer pour suivre un amant qui l'a envoûtée tel un gourou, artiste qui l'a manipulée pour utiliser sa fortune. La narratrice en est profondément marquée, ne comprenant pas l'abandon de sa mère envers elle. Une mère peut-elle ainsi laisser sa fille ? L'amour maternel n'est-il pas inconditionnel ? Il lui aura fallu des années, longtemps après sa mort, pour revenir sur ces années, sa douleur et sa révolte tues, conformément aux règles familiales où le silence est roi.

Sentiments ambivalents sur ce court roman aux accents profondément autobiographiques (l'est-il?) car il m'a été difficile de rester en empathie avec la narratrice qui si elle s'exprime enfin (et définit ainsi le rôle de l'écriture dans sa vie), reste néanmoins dans un discours (trop ?) lisse, fade, conventionnel. Trop de retenue, comme si elle ne livrait pas totalement ses sentiments profonds. Et quid du père trop absent qui disparaît quasi du récit, de ses relations avec lui ?
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1 internautes sur 1 ont trouvé ce commentaire utile  Par Trentesaux sur 5 mars 2013
Format: Broché
Comme a son habitude l'auteure écrit très bien et son style est parfait. Son histoire de famille, ses rapports mère et fille sont douloureux; Elle se libère par l'écriture. Je compare ce livre à un autre livre d'une auteure inconnue encore. C'est son premier roman psychologique mais sans doute largement autobiographique. Il s'agit du "Livre à écrire" de Constance Larsen. Egalement l'histoire d'une famille, de ses secrets, de ses non dits et des ses souffrances. Mais Constance Larsen arrive sans haine à progresser et à revivre dans le pardon et l'espoir... Cela rend son livre d'autant plus fort et beau et de nos jours, c'est énorme. Une belle écriture aussi comme Nathalis Rheims. Je recommande!
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1 internautes sur 1 ont trouvé ce commentaire utile  Par Zette 74 sur 1 mars 2013
Format: Broché Achat vérifié
Bien au début, et après on se perd un peu.C'est dommage. Lorsque j'avais vu Nathalie Rheims sur france 2, j'avais été emballée.
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12 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile  Par Sophie sur 22 août 2012
Format: Broché
Fan inconditionnelle de Nathalie Rheims depuis la première heure, je me suis évidemment précipitée sur son nouveau livre, et j'ai été là encore emportée par son univers à la fois sombre et émouvant. J'ai été étonnée par la franchise dont elle fait preuve dans ce livre, non seulement elle dévoile l'histoire la plus secrète, la plus enfouie de sa vie intime, celle qu'elle a longtemps rejeté, refusant d'aborder la figure de la mère, même en filigrane. Mais aussi elle raconte le traumatisme de l'abandon d'une manière dure, frontale, sans aucune naïveté. J'ai trouvé que Nathalie était toute entière dans ce livre, authentique, ne cherchant pas à se faire passer pour une pauvre petite malheureuse. Elle se dévoile telle qu'elle est, à la fois sentimentale et intraitable.
Pour moi, ce roman est une consécration, le moment de bascule où Nathalie Rheims, se livrant sans fard, atteint le sommet de son art, alliant la poésie de son style et la profondeur du récit. Laisser les cendres se lit d'une traite, sans relâche, tant on est saisi par l'histoire de cette femme qui a abandonné sa fille pour suivre un homme atroce, qui l'utilisait sans l'aimer, sans rien lui donner en échange de ce qu'elle lui apportait. L'histoire familiale n'est là que pour expliquer pourquoi cette femme, la mère de la narratrice, en est arrivée là. Je ne me suis pas du tout arrêtée au décorum, mais plutôt à tout ce qui constitue le noeud de cette relation destructrice, que Nathalie Rheims nous fait découvrir petit à petit, comme lorsqu'on soulève les différentes couches d'un fruit dont le coeur est déjà abîmée.
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