L'opéra Lakmé de Léo Delibes est un chef d'œuvre incontestable de notre culture. Je souhaiterai à beaucoup de mauvais compositeurs d'écrire un ouvrage pareil. Dans Lakmé, il n'y a que la musique qui charme. Le scénario est démodé et ridicule. Voyez plutôt.
Dans L'Inde coloniale du XIXème siècle, un colon anglais (Gérald) va tomber amoureux d'une Beauté locale (Lakmé, la fille du Brahmane Nilakantha). Gérald va délaisser sa fiancée, l'Armée, sa culture pour elle. Mais son collègue Frédéric, va le rappeler à la raison. Voyant son comportement face à l'appel de l'armée, Lakmé décide de mettre un terme à son existence (en avalant une fleur de datura).
C'est une histoire typique du XIXème siècle. L'amour interracial et interculturel ne marche jamais (voir le pays du sourire de Franz Lehár ou Madame Butterfly de Puccini). Soit ça fini par une séparation à l'amiable chez Lehár ou en drame chez Puccini et Delibes.
Pourtant Delibes était un compositeur d'opéras comique et d'opéras bouffe. Il se complaisait dans la gaudriole. Quand on voit l'extrême inventivité musicale de Lakmé, c'est surprenant. Une bonne diction francophone comme à l'époque de Mado Robin que j'adore, le tout en stéréo (pour ceux qui n'aime que la qualité du son) on ne peut qu'aimer ce CD. Et on trouve à l'intérieur du disque, le livret de Lakmé si on veut suivre le texte d'Edmond Gondinet.
André
P.S. A l'attention de Titus, dont je partage son enthousiasme, j'ajouterai que Lakmé c'est beaucoup plus beau que Werther mais aussi beau que Manon quand même. J'aime beaucoup Manon.