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5.0 étoiles sur 5
Un amour immortel, 20 janvier 2008
La narratrice évoque son enfance et son adolescence à Saigon, pendant les années trente. Elle se rend au lycée de Saigon en car tous les matins jusqu'au point d'embarcation du bac, réservé à la « traversée d'un bras du Mékong. »
À quinze ans et demi, la jeune fille se farde, se met « de la crème Tokadon » pour essayer de « cacher les taches de rousseur » qu'elle a « sur le haut des joues, sous les yeux. » On dit pourtant qu' « elle a un beau regard. Le sourire aussi, pas mal. »
C'est donc un de ces matins, tandis qu'elle se trouve sur le bac, qu'a lieu la rencontre : « Sur le bac, à côté du car, il y a une grande limousine noire avec un chauffeur en livrée de coton blanc [...] Dans la limousine il y a un homme très élégant qui me regarde. »
Un amour est né entre cet homme et l'adolescente, un amour bien différent de celui qu'elle voue à sa mère ou à son petit frère, mort trop tôt, « en trois jours d'une broncho-pneumonie », un amour qu'elle veut tenir secret : l'homme élégant est « chinois » (« Il dit qu'il est chinois, que sa famille vient de la Chine du Nord, de Fou-Chen »), elle est une jeune fille blanche et représente « la colonisation ».
Le fatum dès lors s'impose, elle et lui savent qu'ils ne pourront pas se marier, soumis l'un et l'autre à l'incompréhension et, par là même, au refus, de leurs familles respectives. L'amour devra se vivre dans la clandestinité, à l'insu de tous : « L'image commence bien avant qu'il ait abordé l'enfant blanche près du bastingage, au moment où il est descendu de la limousine noire, quand il a commencé à s'approcher d'elle, et qu'elle, elle le savait, savait qu'il avait peur. »
Il n'empêche, elle ne fera « plus jamais le voyage en car pour indigènes. » Elle va désormais fuir avec lui « l'horreur de la famille de Sadec, son silence génial. » Il l'accompagnera au lycée (« Il est venu tous les jours la chercher au lycée pour la ramener à la pension. Il l'a emmenée dans l'automobile noire. »)
Les après-midi, les journées, vont dès lors se placer sous le signe de l'amour (« il dit qu'il l'aime comme un fou, il le dit tout bas. Puis il se tait. Elle ne lui répond pas ») dans l'appartement de l'homme élégant, à Cholen, ville sise près de Saigon (« L'endroit est moderne, meublé à la va-vite dirait-on, avec des meubles de principe modern style [...] Il fait sombre dans le studio, elle ne demande pas qu'il ouvre les persiennes. »)
Pour autant, tous deux savent que cette relation finira bientôt. La rumeur s'amplifiant, les amants devront bientôt se séparer (« Cela se passe dans le quartier mal famé de Cholen, chaque soir. Chaque soir cette petite vicieuse va se faire caresser le corps par un sale Chinois millionnaire. ») Elle va le quitter et partir pour la France avec sa mère, « il l'enlace. Il lui dit que c'est bien que le bateau de France vienne bientôt et l'emmène et les sépare. »
Après la guerre, des années après, la jeune fille devenue femme écrit des livres, vit à Paris et reçoit un jour un coup de téléphone : « C'est moi. Elle l'avait reconnu dès la voix. »
« L'Amant » est une oeuvre autobiographique dans laquelle Marguerite Duras évoque cet amour qui l'unit à « L'homme de Cholen » avec une remarquable sobriété. L'alternance des indices d'énonciation « je » et « elle » fait de la narratrice le personnage principal et témoigne de sa sensibilité extrême vis-à-vis du contexte dramatique dans lequel se nouent et se dénouent les liens, où les sentiments sont exprimés avec beaucoup de pudeur.
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5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
une histoire d'amour avec un grand A, 8 octobre 2006
C'est la première fois que je lis un ouvrage de Marguerite DURAS. J'avais vu le film ''L'Amant'' il y a quelques années que j'avais adoré !! Et l'envie m'a pris hier d'aller vite acheter ce livre. Du coup je n'ai pas bougé de la matinée et suis restée scotchée à cet ouvrage. On se reconnait vraiment dans cette passion amoureuse avec un grand A. Et on vit en nous les ressentis des deux protagonistes principaux. Quiconque a vécu une passion se retrouve dans cet écrit... C'est beau et magnifiquement écrit, comme si on y était. En un seul mot Merci Marguerite et je crois que je vais dévorer d'autres de vos ouvrages
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14 internautes sur 26 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
l'impossible arrachement à la famille et un amour impossible, 28 avril 2002
La protagoniste a quinze ans et demi, pensionnaire à Saïgon, le roman est placé sous un arrêt temporel, avec une seule saison monotone, le printemps. La famille vit dans un régime colonial ou les chinois sont considérés comme des gens inférieurs. Cependant, la famille de la jeune protagoniste est misérable à cause d’un domaine que la mère acquiert et qui les ruines. La jeune fille se sent mal-aimée et hait sont frère aîné à cause de l’amour que la mère lui donne. Elle a envie de le tuer (p13). Elle se sent obligé de veiller sur son jeune frère dont elle aurait aimé être la mère (p15). Elle sait aussi que sa mère la laisse s’habillé comme elle veut avec l’espoir que sa fille lui apportera de l’argent (la mère laisse inconsciemment la fille se prostitué).La rencontre avec le riche chinois, va changé sa vie. Celle-ci lui apportera la découverte du désir, ainsi que, celle de la consolation. C'est l'endroit de naufrage et de détresse intense de la jeune fille. pour le reste lisez l'oeuvre de DURAS.
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