"The Lamb..." est certainement l'album le plus ambitieux, réfléchi, le plus ultime, de ce que l'on a pu appeler le rock progressif. Deux disques qui sonnent le glas de la grande collaboration de Gabriel avec groupe. L'atmosphère a changé, plus sombre, plus urbaine, que les précédents albums: Genesis a grandi. Durant près de 80 minutes le groupe nous fait traverser un monde mélancolique violent et désenchanté. On sent comme une sorte de brouillard rampant qui ne séteint qu'à la fin du deuxième cd.
Les compositions sont remarquables, les arrangements d'une originalité incomparable, la production pour l'époque est tout à fait impressionnante. Peter Gabriel est au sommet de son art vocal, entre cris et chuchottement, Phil Collins démontre sa superbe maîtrise du phrasé, il est plus un musicien à la batterie qu'un batteur, chaque coup de baguettes est là pour servir la musique, Rutherford excelle à la basse avec son style incomparable tout en syncope, enfin Banks apporte une touche de poèsie un peu sombre ( l'utilisatrion du mellotron et de l'arp 2600 est fabuleuse), aidé en cela par Hackett qui réfute l'utilisation standart de la guitare éléctrique, il est présent par petites touches, un jeu impressionniste, préférant les phrasés mélodiques au démonstrations de vélocité et de technique du genre "t'as-vu ce que je sais faire?".
Cet album est intemporel, ancré dans le réél sans l'être complètement comme si il évoluait dans sa propre dimension, une atmosphère entre 1984, Le Festin Nu, Brazil...
Et si tout était là? Et si cette album avait repoussé les limites de la création? A chaque écoute, quelque chose de nouveau apparait. S'il n'y a qu'un seul disque de Genesis, c'est certainement celui là.