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3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un des meilleurs romans contemporains,
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'amour des trois soeurs Piale (Poche)
Dans le plateau venteux de Millevaches, au coeur du Limousin, la vieille Yvonne Piale narre sa vie, et ses saeurs, au jeune cousin éloigné venu l'écouter.Yvonne, l'institutrice, l'amoureuse des mots et des livres, est une femme rude et intransigeante mais elle manifeste une douceur toute de protection et de chaleur envers sa saeur Lucie, l'innocente, la simplette au visage d'ange. Et puis il y a la dernière, Amélie, la rebelle, la sauvageonne, celle qui n'a pas de prudence mais acceptera dignement d'en souffrir les conséquences. Trois vies dont la rudesse du climat, la pauvreté, les travaux et les jours accomplis les dents serrées, la rusticité des hommes et surtout le temps, ce temps inexorable qui désarme les luttes et abat l'amour, creuseront la lourde terre dont se nourrira leur fierté, leur endurance et ce lien de sang, de coeur qui toujours les unira, telles les trois Parques, au sein de ce nom : Piale. En écho, dans une sorte de contrechant à ce récit, le jeune homme reçoit, chaque soir, la version d'une autre femme de la région, Sylvie, son amante qu'il n'aimera que le temps d'entendre l'histoire jusqu'à sa fin, comme si le temps de l'amour se confondait avec celui de la parole, l'amour étant parole et la parole amour.... Livre magnifique, d'un véritable écrivain et non pas d'un auteur kleenex comme on en voit tant aujourd'hui... « Beaucoup les ont aperçues ainsi, les deux soeurs, derrière leur fenêtre sans rideau ni volet, avalant, sous I' ampoule qui pendait des poutres noires, cette soupe plus sombre que du sang et qui leur faisait baisser la tête, les coudes bien posés sur la table afin de combattre, I' une la fatigue et le sommeil, I' autre cette griserie qui la faisait rire en s'étouffant, soir après soir, dans le silence qui montait avec la nuit et le froid, comme si elle eût redouté le regard harassé de sa cadette qui, à ce moment, n'écoutait sans doute plus que la rumeur de ses songes, les yeux fixés sur I' innocente mais voyant bien autre chose, par delà les murs trop blancs et humides, par delà la fatigue et le fait d'être une Piale, d'avoir à garder sa dignité devant un maître d'école, un Éric Barbatte, un Thaurion, ou un patron d'usine - oui, d'être une Piale, murmurait Yvonne, c'est-à-dire à peine plus qu'une brève syllabe clamée à ras de terre et vite dissipée dans le grand souffle des vents qui raclent le granit, quelque chose qui dure pourtant bien plus longtemps dans son piaulement bref et plaintif que les visages qu'elle nomme, cette syllabe de chair qui n'aurait bientôt plus que trois filles pour I' arborer ; et c'était sans doute ça le destin d'une Piale : une syllabe avant la nuit, et Ie silence, I' ultime bruit étouffé par le silence qu'auraient fait sur cette terre trois petites femmes sans postérité » Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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5.0 étoiles sur 5
Un vrai roman contemporain,
Ce commentaire fait référence à cette édition : L amour des trois soeurs piale (Broché)
« Beaucoup les ont aperçues ainsi, les deux soeurs, derrière leur fenêtre sans rideau ni volet, avalant, sous I' ampoule qui pendait des poutres noires, cette soupe plus sombre que du sang et qui leur faisait baisser la tête, les coudes bien posés sur la table afin de combattre, I' une la fatigue et le sommeil, I' autre cette griserie qui la faisait rire en s'étouffant, soir après soir, dans le silence qui montait avec la nuit et le froid, comme si elle eût redouté le regard harassé de sa cadette qui, à ce moment, n'écoutait sans doute plus que la rumeur de ses songes, les yeux fixés sur I' innocente mais voyant bien autre chose, par delà les murs trop blancs et humides, par delà la fatigue et le fait d'être une Piale, d'avoir à garder sa dignité devant un maître d'école, un Éric Barbatte, un Thaurion, ou un patron d'usine - oui, d'être une Piale, murmurait Yvonne, c'est-à-dire à peine plus qu'une brève syllabe clamée à ras de terre et vite dissipée dans le grand souffle des vents qui raclent le granit, quelque chose qui dure pourtant bien plus longtemps dans son piaulement bref et plaintif que les visages qu'elle nomme, cette syllabe de chair qui n'aurait bientôt plus que trois filles pour I' arborer ; et c'était sans doute ça le destin d'une Piale : une syllabe avant la nuit, et Ie silence, I' ultime bruit étouffé par le silence qu'auraient fait sur cette terre trois petites femmes sans postérité »Dans le plateau venteux de Millevaches, au coeur du Limousin, la vieille Yvonne Piale narre sa vie, et ses saeurs, au jeune cousin éloigné venu l'écouter. Yvonne, l'institutrice, l'amoureuse des mots et des livres, est une femme rude et intransigeante mais elle manifeste une douceur toute de protection et de chaleur envers sa saeur Lucie, l'innocente, la simplette au visage d'ange. Et puis il y a la dernière, Amélie, la rebelle, la sauvageonne, celle qui n'a pas de prudence mais acceptera dignement d'en souffrir les conséquences. Trois vies dont la rudesse du climat, la pauvreté, les travaux et les jours accomplis les dents serrées, la rusticité des hommes et surtout le temps, ce temps inexorable qui désarme les luttes et abat l'amour, creuseront la lourde terre dont se nourrira leur fierté, leur endurance et ce lien de sang, de coeur qui toujours les unira, telles les trois Parques, au sein de ce nom : Piale. En écho, dans une sorte de contrechant à ce récit, le jeune homme reçoit, chaque soir, la version d'une autre femme de la région, Sylvie, son amante qu'il n'aimera que le temps d'entendre l'histoire jusqu'à sa fin, comme si le temps de l'amour se confondait avec celui de la parole, l'amour étant parole et la parole amour.... Livre magnifique, d'un véritable écrivain et non pas d'un auteur kleenex comme on en voit tant aujourd'hui... Dans le plateau venteux de Millevaches, au coeur du Limousin, la vieille Yvonne Piale narre sa vie, et ses soeurs, au jeune cousin éloigné venu l'écouter. Yvonne, l'institutrice, l'amoureuse des mots et des livres, est une femme rude et intransigeante mais elle manifeste une douceur toute de protection et de chaleur envers sa saeur Lucie, l'innocente, la simplette au visage d'ange. Et puis il y a la dernière, Amélie, la rebelle, la sauvageonne, celle qui n'a pas de prudence mais acceptera dignement d'en souffrir les conséquences. Trois vies dont la rudesse du climat, la pauvreté, les travaux et les jours accomplis les dents serrées, la rusticité des hommes et surtout le temps, ce temps inexorable qui désarme les luttes et abat l'amour, creuseront la lourde terre dont se nourrira leur fierté, leur endurance et ce lien de sang, de coeur qui toujours les unira, telles les trois Parques, au sein de ce nom : Piale. En écho, dans une sorte de contrechant à ce récit, le jeune homme reçoit, chaque soir, la version d'une autre femme de la région, Sylvie, son amante qu'il n'aimera que le temps d'entendre l'histoire jusqu'à sa fin, comme si le temps de l'amour se confondait avec celui de la parole, l'amour étant parole et la parole amour.... Livre magnifique, d'un véritable écrivain et non pas d'un auteur kleenex comme on en voit tant aujourd'hui... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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