Quatrième de couverture
C'est bien d'un combat qu'il s'agit dans ce livre. Un combat contre l'hypocrisie, contre la langue de bois, contre le conformisme islamo-nationaliste, contre une politique linguistique qui a voulu réduire au silence l'Algérie réelle, contre un pouvoir qui s'est installé dans un déni constant des réalités culturelles et linguistiques de ce pays. La langue est le lieu où s'exprime et se construit le plus profond de la personnalité individuelle et collective. Elle est un lien entre passé et présent, individu et société, conscient et inconscient. Elle est le miroir de l'identité. Elle est l'une des lois qui structurent la personnalité. Elle ne peut être ravalée au rôle d'instrument politique, quel qu'en soit le but. Le pluralisme des langues en Algérie exprime le pluralisme réel de la Société, il en est une composante déterminante. Le rôle du pouvoir politique en démocratie n'est pas d'ignorer ce pluralisme, encore moins de le réduire par voie autoritaire, mais d'en garantir le libre exercice par l'établissement de règles permettant dialogue et coexistence. La question de la langue en Algérie est indissociable de celle de la démocratie, seul avenir acceptable pour ce pays. Il faut savoir gré à Mohamed Benrabah de le rappeler dans ce livre incisif, lucide et courageux.