Il y a deux types de "Lapinot" : ceux qui racontent une même histoire avec les mêmes personnages ("slaloms", "pichenettes", "amour et intérim", "pour de vrai", "la couleur de l'enfer" et "la vie comme elle vient") et ceux qui se situent à une autre époque, qui sont totalement indépendants de tout le reste et qui imitent/parodient un genre ("Blacktown", "Walter", "vacances de printemps", "l'accélérateur atomique" plus des œuvres plus anciennes, "Mildiou", etc.)
Jusqu'à présent l'histoire évoluait peu, les albums étaient centrés sur des péripéties qui affectaient peu les personnages (c'est d'ailleurs pour ça qu'on peut lire les autres "Lapinot" dans le désordre). Eh bien sachez que tout ça, c'est fini. Dès le début de l'album on sait que quelqu'un va mourir et que donc rien ne sera plus comme avant. Les risques mortels s'enchaînent à un rythme absurde pour ce suspense final : qui va mourir ? Je dirai même plus ça sent la fin. Mais c'est un peu artificiel. On se dit que Trondheim veut passer à autre chose et finit "Lapinot" vite fait pour, comme Cortez, n'être pas tenté d'y revenir. Un album pour convenances personnelles en quelque sorte. Quarante quatre planches ne suffisent sans doute pas et Trondheim, comme ses personnages, donne l'impression d'avoir peur de mourir à tout instant et de vouloir être sûr de finir son album. Alors tout arrive trop vite et cette accélération donne mal au coeur.