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Sous des aspects débonnaires (servis par la vache télépathe), Jean-Bernard Pouy analyse avec lucidité ce qu'il est advenu des anciens révolutionnaires de 1968. A travers les remarques sarcastiques de Benno et Adrien, il pose un regard critique sur l'évolution de la société actuelle et livre un roman pessimiste mais non dénué d'humour. --Christophe Dupuis --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
Prix Polar 1989, Trophée 813 du meilleur roman 1992, prix Paul-Féval 1996, Jean-Bernard Pouy est un auteur inclassable, inventeur de génie de constructions romanesques rigoureuses, à la fois tendres et féroces, passionnantes et drôles.
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6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Bretons rockers, this one's for YOU!,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Larchmütz 5632 (Poche)
La fiche Wikipédia qui lui est consacrée qualifie Jean-Bernard Pouy d'auteur à succès. Voire. Tant mieux pour l'intéressé si c'est le cas, car il le mérite et c'est tout le mal qu'on lui souhaite. Mais enfin, si les gens qui ont du talent avaient du succès, depuis le temps, ça se saurait. Pour ceux, rares, donc, à qui il aurait échappé, Jean-Bernard Pouy est un auteur de polars. J'ai bien dit de polar. Pas de roman policier, ni de thriller.Ici, pas de personnage de détective officiel ou officieux plus ou moins gonflant (pour les plus, Hercule Poirot et consorts, illustration de l'insupportable prétention de la littérature anglaise, pour les moins, Marlowe et ses épigones, au premier rang desquels Moses Wine, du formidable Roger L. Simon, dont Wikipédia vous apprendra sûrement qu'il est également un auteur à succès). Pas de frissons, non plus, enfin pas les mêmes.. Lecteur WASP de l'embagousée et permanentée Mary Higgins Clark, passe ton chemin. Amateur satisfait du salmigondis philosophico-ésotérico-baroco(corico) à la Dan Brown, continue à t'enfumer les neurones avec des pavés de 600 pages. Pouy écrit des polars, ou des romans noirs, c'est la même chose. Comme Manchette, ou Jonquet, quoique dans un style très différent. Le roman classique n'étant plus depuis longtemps le miroir qu'on promène au bord du chemin (Stendhal), le roman noir se charge désormais tout seul du travail. Et il y en a. Sous un titre improbable et vaguement tudesque, Larchmütz 5632 est, mutatis mutandis, une sorte de road-movie qui met en scène deux ex-totos envoyés au vert par leur organisation en Bretagne (Larchmütz étant le nom de la ferme où ils se sont enterrés), et qui sont réveillés après plus de vingt ans pour de nouvelles missions (Qui a dit Netchaiev est de retour ?). D'anecdotiques, quand elles ne sont pas farcesques, ces missions vont devenir dangereusement opaques et susciter chez Adrien et Benno de plus en plus d'interrogations, dont celle, inévitable, de la manipulation. Non content d'être un conteur hors pair, et d'accrocher immédiatement le lecteur par son talent à brosser en quelques lignes contexte et personnages qui acquièrent aussitôt la nature de l'évidence, J-B Pouy est un adepte de l'Oulipo, ce qui déplace simultanément la lecture sur un autre plan que celui de l'intrigue, et last but not least, un amateur et fin connaisseur de rock and roll, comme le savent déjà ses fidèles. Exemple : au moment de quitter leur ferme, Adrien et Benno font le vide, et se mettent à tirer sur leurs vieux disques, du moins ceux qu'ils ne supportent plus : au premier rang des victimes, Emerson, Lake and Palmer, et Ash Ra Tempel, ce qui rend d'entrée nos deux zozos sympathiques, même s'ils font un carton ensuite sur Blue Oyster Cult. Autre exemple : de passage à Bordeaux, ils vont écouter en club les Dogs, qui jouent Too much class for the neighborhood. Cette dernière mention devrait valoir à l'auteur, outre le fait que le roman commence à Kerguennic, un noyau d'irréductibles en Bretagne. Seule petite faiblesse, à mon sens, du livre. La narration, double, est confiée à une vache télépathe (sic !) et plus canoniquement, à un narrateur classique, qui se partagent la tâche. L'ajustement est parfois problématique, et tout ça se mord parfois la queue (de la vache, bien sûr). Mais, là, je mégote. Merci qui ? Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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