La vie est une maladie mortelle, c'est là une évidence !
Vivre, c'est d'abord naître pour ne plus cesser de frôler le risque de tout perdre. Cependant, certains savent imaginer des biais qui leur permettent de moins souffrir, pour mieux grandir, sans doute.
L'adolescence est une période de troubles et d'amitiés fortes ; les amis sont des certitudes éternelles, autant de serments pour une vie. Ces deux là, Mina et Alice, murissent ensemble et partagent leurs solitudes, en classe. Une amitié les réunira, alors que tout dans la vie les séparent. Ensemble elles font le parcours initiatique qui mène à l'âge adulte. L'une veut l'absolu, brille en tout ; l'autre doute et admire son amie. Jusque là rien que de très normal, chacune ayant besoin d'un modèle ; sauf que l'absolu est un tout qui termine en point final, le doute reste une interrogation en attente de réponse.
Sur le bord du pont, le long d'un parapet comme il y en a des quantités le long des voies ferrées, Alice saute au passage du train. Nina a déjà pris ses jambes à son cou pour fuir son serment de suivre sa complice jusqu'au bout ; Nina rage ne n'avoir pas sauté, elle aussi. Pour taire son sentiment de honte elle coure devant elle, vers le quartier résidentiel où Alice habitait, loin de chez elle où l'étroitesse de l'habitat est un découragement continu. Elle trouvera refuge dans une cabane de jardin d'une maison à vendre, où elle trouvera un peu de temps pour peut-être se reconstruire...
Une intrigue très bien conduite, grattant les problèmes de nombre d'adolescents, plongeant dans les méandres de la psychologie, ce livre pourrait être à deux doigts de se classer dans les thrillers ; un drame tendre et émouvant, qui se dévore d'une traite, un grand moment de lecture.