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L'argent
 
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L'argent [Poche]

John Kenneth Galbraith , Daniel Blanchard
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  • Poche: 471 pages
  • Editeur : Gallimard; Édition : Edition revue et augmentée (4 octobre 1994)
  • Collection : Folio-Histoire
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2070328155
  • ISBN-13: 978-2070328154
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21 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile 
Par Max Weber
Format:Poche
Je ne connais rien pour ainsi dire à l'économie, mais j'ai décidé de me réformer sur ce point. C'est donc en parfait profane que je commenterai ce livre de John Kenneth Galbraith dont le titre m'a attiré ; "L'argent" : vu de l'extérieur, les questions économiques semblent toujours devoir s'y ramener.

Je n'ai pas été déçu parce qu'il m'a semblé avoir appris des choses. L'inflation, la déflation, le change, le rôle de l'or, les politiques économiques, tout cela m'est bien plus familier qu'il y a quelques jours encore ; ce sont comme des pièces d'un mécanisme dont je comprendrai enfin approximativement comment elles s'emboîtent, d'où l'impression d'accéder enfin à la logique d'ensemble. Ainsi, si une banque centrale baisse ses taux d'intérêts, elle favorise le crédit et donc l'accroissement de la masse monétaire en circulation. L'argent se fait moins rare, et les prix augmentent : c'est l'inflation, contre laquelle une hausse des taux d'intérêt, qui rend le crédit plus coûteux, conjuguée à un opération de vente de titres de l'Etat, qui absorbe une partie des réserves des banques, permettent de lutter. Sans doute, tout cela n'est valable que dans un certain contexte, celui de la parité-or, et c'est justement tout le mérite de l'auteur que nous montrer comment la gestion de l'argent par les Etats a pu évoluer dans le temps. En effet, Galbraith part de la banque de Law au XVIIIème et il nous tient par la main jusqu'au milieu des années 1990 : c'est un donc un vaste panorama qu'il nous donne à contempler.

La division en chapitres à taille humaine rend la lecture particulièrement agréable. Le ton très acerbe de l'auteur y contribue aussi beaucoup. Visiblement fort indigné par le comportement des économistes et des hommes politiques plus inspirés par les dogmes que par les faits, il place ici et là quelques piques des plus drôles. Ainsi, commentant la nomination d'un certain Crissinger à la présidence du Conseil de la Réserve fédérale :

"Il faut tenir compte de la croyance endémique dans tous les comportements politiques américains, selon laquelle un expert devient tel du moment qu'il est nommé à une fonction quelconque. [...] Crissinger s'était qualifié pour ce poste en exerçant les fonctions de voisin et d'ami de Harding et de conseiller juridique d'une société de dragage"

Entre deux explications sur les conséquences de l'afflux d'or et le système de régulation bancaire, c'est assez plaisant...

Je pense donc que ce livre intéressera tout ceux qui souhaitent en savoir un peu plus sur l'économie. Sans doute, on n'approche que de loin le sujet, mais on l'approche tout de même, sans jamais sentir qu'il serait illusoire de prétendre aller plus loin. L'auteur ne ment vraiment pas dans sa préface quand il prétend : "Il n'est rien, s'agissant de l'argent, qu'une personne dotée d'une curiosité, d'un zèle et d'une intelligence raisonnable ne puisse comprendre". C'est tout à fait admirable.
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4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
Par Latour07 1ER COMMENTATEUR DU HALL D'HONNEUR TOP 500 COMMENTATEURS TESTEURS
Format:Poche
"La loi de Say demeure le cas le plus célèbre de stabilité des idées économiques même fausses. (...)
Jusqu'à la fin des années trente, dans les grandes universités américaines, un candidat au doctorat était sûr d'être recalé s'il parlait sérieusement d'une insuffisance de pouvoir d'achat comme cause de crise."

Pendant les 25 dernières années de libéralisme dont nous subissons encore les vilainies, les injustices et l'appauvrissement, exprimé lors de l'éclatement de la bulle de surendettement (subprimes = le déclencheur), laquelle s'était grassement nourrie de la baisse des salaires, affirmer encore cette hypothèse, sérieuse, aurait conduit au même résultat.

Publié en 1975, cet ouvrage retrace avec intelligence et concision l'histoire de la monnaie, de l'argent, de ses fonctions, du prix.

Son analyse revient d'actualité, heureusement, contre les monétaristes de l'école de Fridman. L'évidence s'impose en effet.

Au commencement du chapitre sur "le prix", Galbraith écrit (ce qu'il aurait pu faire au sujet de la fin du XX° siècle) :

"Nulle époque n'a pu être plus douce aux riches que la fin du siècle dernier (le 19°) et la première décennie de celui-ci : pas d'impôt sur le revenu, la taxe de la guerre de Sécession ayant été rapidement supprimée après le conflit ; un contraste satisfaisant avec la grande pauvreté de l'immense majorité."

En conclusion de sa postface, Galbraith écrit de manière lumineuse :

"Une politique économique qui n'offre de choix qu'entre l'inflation et la dépression ne saurait être satisfaisante".

Dommage que Trichet, et ses soutiens multiples eurolibéraux, président de la BCE, n'ait pas compris cela ayant opté pour la dépression pour aboutir, fatalement, à ce qui ne saurait surprendre que les idiots, l'inflation.

L'auteur ajoute :

"S'il est une certitude qui se dégage de cette histoire, c'est que ceux qui se considèrent comme les plus loyaux amis de la libre entreprise et même du capitalisme, ceux-là sont les plus timorés face aux décisions que réclame la perpétuation du système."
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1 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
Format:Poche
En lisant le quatrième de couverture, je m'attendais à une vulgarisation de l'économie par une approche historique : Cet objectif est très moyennement atteint. En effet, la trame historique de Galbraith est sévèrement distordue.

L'avènement de la notion d'argent est lapidaire. L'histoire médiévale n'est pas évoquée. Et plus nous approchons des périodes récentes, plus le traitement est conséquent. Le livre commence avec la découverte des Amériques. En définitive, il apparait que l'histoire de l'argent est essentiellement américaine et plus précisément étatsunienne. Etrange tropisme, inst it ?! La guerre de sécession, la crise de 29, les 30 glorieuses sont abondamment commentées, et lorsqu'il parle d'Europe, il y a moins de détails.

Il apparaît que Galbraith parle surtout de ce qu'il connaît bien, ce qui est louable, mais pas suffisant pour un livre intitulé "L'Argent". Pour dire les choses clairement, l'auteur est plus économiste qu'historien. Il n'y a pas de recul et pas de synthèse dans son livre. J'admets qu'il est difficile de vulgariser l'économie, mais le texte présente de nombreuses aspérités inutiles : L'auteur n'a de cesse de naviguer entre les différentes époques pour étayer ses thèses. Il dénonce ses confrères sans présenter clairement leurs théories, il cite à l'envi des présidents de banque pour souligner la vacuité de de leur propos, etc. Bref, comme le dit le précédent commentaire, c'est vivant, mais trop pour prétendre à une synthèse histoirique.

Une lecture attentive permettra de saisir les concepts d'inflation, de récession, de spéculation, de crack etc. Mais cela aurait pu être beaucoup plus agréable. Vite lu, on retiendra juste que l'économie est une spécialité complexe. Voilà une entrée en matière qui manque de simplicité !
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