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16 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
La fraude n'explique pas tout, mais sans elle on ne comprend rien,
Par Lionel Conforto "Random Walks in Gex" - Voir tous mes commentaires (TOP 100 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'arnaque : La finance au-dessus des lois et des règles (Broché)
"La fraude n'explique pas tout, mais sans elle on ne comprend rien" : cette extrait résume bien le projet du livre et la conception que se fait l'auteur, par ailleurs magistrat, du rôle de la tricherie dans l'économie. La fraude n'est pas un épiphénomène, ou un produit accidentel de l'économie saine. C'en est au contraire un élément systémique, un mode de fonctionnement normal, si l'on peut dire.Ce livre ne s'imposera probablement pas comme un pilier majeur de la pensée économique, mais je vois au moins 3 bonnes raisons de le lire : 1) le regard historique: De Maillard s'extrait du contexte particulier de notre crise actuelle et la replace dans l'histoire des soubresauts qui ont agité l'économie mondiale depuis 1971, date de la fin de la convertibilité dollar-or décidée par Nixon. L'auteur évoque ainsi les euro-dollars, la fin de Bretton-Woods, les junk-bonds (sur le sujet on pourra lire le roman de Michael Lewis Liar's Poker, existe également en traduction française), la faillite des caisses d'épargne, la chute du hedge-fund LTCM (à ce sujet il existe un excellent livre :When Genius Failed: The Rise and Fall of Long Term Capital Management), etc. Cette perspective historique apporte un éclairage nécessaire sur la récente crise, dite des subprimes. 2) De Maillard n'est pas un économiste, c'est un juriste. Il apporte à la compréhension de l'économie un éclairage décalé, bienvenu dans une discipline qui semble parfois sclérosée par l'ancrage dans un corpus idéologique figé (si cette dernière formule vous semble lapidaire, il suffit d'écouter par exemple les chroniques économiques à la radio pour se convaincre de sa réalité) 3) Enfin, la conception que se fait l'auteur de la crise : la fin de l'économie de rattrapage, amorcée dans les années 60-70, a appauvri les pays anciennement industriels qui se sont endettés pour maintenir artificiellement leur niveau de vie. En raison de la mondialisation, les gains de productivités engendrés et l'endettement ont simplement créé un un excès de liquidités qui ne trouve plus de débouchés dans les systèmes productifs classiques. Ces liquidités s'investissent donc dans de la finance dite de Ponzi, c'est à dire de la cavalerie. C'est d'ailleurs en ce sens que la fraude peut selon l'auteur devenir un mécanisme de régulation de l'économie. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un ouvrage de faits - clairs, impitoyables - et un plaidoyer pour agir,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'arnaque : La finance au-dessus des lois et des règles (Broché)
L'évolution de la finance internationale vous pose question ? Jean de Maillard, magistrat et enseignant à Sciences-Po, féru de sciences économiques nous permet de déchiffrer ce domaine particulièrement opaque et ses récentes évolutions. Le diagnostic est sans appel, mais permet d'identifier quelles sont les pistes pour une réelle moralisation et régulation de l'économie.
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21 internautes sur 26 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
La fraude est intrinsèque au fonctionnement de l'économie de marché,
Par Latour07 (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR) (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'arnaque : La finance au-dessus des lois et des règles (Broché)
Jean de Maillard, vice-président au Tribunal de Grande Instance d'Orléans enseigne à Sciences-Po. Cette personnalité intègre, courageuse, est spécialiste de la lutte contre la fraude. Il connaît très bien son sujet d'une part et possède une très solide culture économique. L'ouvrage "L'Arnaque" qui vient d'être publié, est remarquable de précisions, lumineux dans ses mises en perspectives, soutien naturel au citoyen engagé dans la politique.Une fois n'est pas coutume, je décline quelques uns de mes traits apportant le crédit à mon appréciation. Je suis un professionnel de la finance spécialisé dans les fusions et acquisitions, les opérations de marché (IPO, OPA, ...). J'ai voici quelques années été un homme de confiance d'un membre de la direction générale d'une banque (disparue aujourd'hui) dans la lutte contre la corruption au sein de cette banque. A ce titre, j'ai rencontré des membres de la Mafia pour stopper un de leurs projets de blanchiment d'argent sale. J'ai subi maintes pressions et ai connu la solitude du combattant pour l'intégrité de son métier, la défense des emplois de la banque, la défense des dirigeants d'entreprise dont certains étaient laissés à l'abandon, au trafic d'influences (au temps de la période trouble du TC de Nanterre). Je puis donc parler d'expérience (je rends un hommage tout particulier à la Brigade Financière, ayant été plusieurs fois au 13 rue du Château des Rentiers). Jean de Maillard démontre que la fraude n'est pas le fait d'individus isolés. Bien sûr ces personnalités existent (Madoff). De même les organisations mafieuses, qui prolifèrent quand l'Etat se démet de ses fonctions régaliennes, participent à ce système, mais n'en sont qu'une (petite) partie. Analysant le système frauduleux des faillites en cascade des Caisses d'Epargne américaines, puis de Enron et des autres scandales (qui s'en souvient ? qui les remémore aujourd'hui ?) financiers l'auteur parvient à la conclusion que : "La fraude est désormais intégrée comme un moyen de gestion ou, si l'on préfère, une variable d'ajustement permanente et non plus comme une simple variable d'ajustement à la marge." (p.109) Pourtant connaisseur de la crise des subprimes, j'ai beaucoup appris de son mécanisme occulte, très bien renseigné. La grande difficulté en économie, et tout particulièrement chez les néolibéraux qui défendent le mythe de "l'autorégulation des marchés" ou bien de "l'efficience naturelle des marchés" - fausseté démontrée notamment par André Orléan - (De l'euphorie à la panique : penser la crise financière, c'est de penser la fraude en tant que système : "Penser la fraude en économie, c'est admettre que la fraude n'est pas un accident, mais qu'elle est la conséquence inévitable de la loi du marché. Faire entrer la criminologie dans l'économie : une révolution insupportable." L'auteur poursuit : "Mais il n'est pas sûr que la fraude soit toujours néfaste aux marchés. Si c'était le cas, elle devrait toujours aboutir à leur effondrement. Or les marchés ne s'effondrent pas toujours, donc il faut envisager l'hypothèse que la fraude ait une fonction positive dans l'économie." (p.200) Aussi : "Les économistes ne voient dans l'environnement que ce qui leur apparaît bénéfique, sans s'apercevoir que c'est précisément cela qui est en même temps le vecteur de la criminalité des dirigeants politiques, économiques et financiers." (p.206). Cet ouvrage salutaire, intelligent, constructif, citoyen nous apprend beaucoup de vérités. Je salue avec un immense respect Monsieur Jean de Maillard. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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