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16 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
« La Nature est bonne conseillère, il faut obéir aux impulsions qu'elle suscite et aux conseils qu'elle donne. »,
Par J-michel Tartayre (Toulouse, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 500 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'art de jouir (Poche)
Cette oeuvre de Michel Onfray se fonde sur un discours philosophique composé de six grandes parties, respectivement intitulées : « Ouverture, Tombeau pour La Mettrie », « Algodicée, Généalogie de ma morale », « Méthode, De l'antériorité du melon sur la raison », « Corps, Les contempteurs du nez et La machine à faire des anges », « Vertus, Le gai savoir hédoniste » et « Coda, Disjecta membra ».Dans son introduction, l'auteur attire l'attention sur l'un des héritages culturels dont il se réclame en consacrant un bref éloge à La Mettrie, philosophe libertin auquel Michel Onfray confie avoir emprunté, outre une partie de son patronyme, le titre de l'un de ses ouvrages : « Pour, déjà, lui avoir emprunté son nom, en vertu des hasards patronymiques - il s'appelait en effet Julien Onfray de La Mettrie -, qu'il me soit permis d'ajouter à mon forfait en lui volant un titre : son "Art de jouir" est un petit texte délicieux... » Ensuite, Onfray narre une anecdote personnelle où l'on apprend qu'il fut victime, à la veille de son vingt-huitième anniversaire, d'un accident cardiaque. Ce récit autobiographique, qui se clôt par ailleurs dans la dernière partie de l'ouvrage ayant pour titre « Coda, Disjecta membra », évoque le contexte de son hospitalisation et décrit les impressions circonstanciées qu'il reçut alors dans une phase critique le situant entre la vie et la mort : « ... tout cela me conduisait à l'hôpital et je pensais bien qu'il me faudrait mourir dans les heures à venir. » Dès lors, cette tragique expérience va constituer pour lui le support et le point d'ancrage d'une pensée toute orientée sur la célébration du corps et du plaisir hédoniste, ce contre les thuriféraires d'une forme d'hégémonie de la raison prônant l'attitude de renoncement, l'idéal ascétique. À cet égard, le philosophe développe notamment l'idée que l'appréhension du réel, ou « la perception », selon l'acception freudienne du terme, n'est possible et concevable que dans la mesure d'un bon usage de tous les sens et en particulier de l'odorat, qui fut depuis l'Antiquité, jusqu'à la taxinomie kantienne, toujours dénigré au seul profit de la vue et de l'ouïe, lesquelles figureraient, d'après l'auteur de « Critique de la raison pure », au sommet de la hiérarchie sensorielle : « Kant n'aime pas le caractère impérieux des odeurs et perçoit cette faculté comme "contraire à la liberté", moins sociale que les autres, plus individualiste. » S'ensuit une dérive d'ordre interprétatif qui aboutit au propos et, par là même, au point de vue racistes. Michel Onfray confronte à ce titre les discours de plusieurs philosophes aussi célèbres que le même Kant, Buffon ou encore Schopenhauer, tendant à montrer de leur part les symptômes d'une véritable phobie mêlant déni de réalité de l'odorat et fondement des thèses antisémite et xénophobe : « Les philosophes n'ont pas limité leur olfaction idéologique aux seuls Nègres. Parmi les peuples accablés qui cristallisent les haines et les incapacités à se faire sentir, il y a les Juifs auxquels très tôt on a associé une puanteur caractéristique, le Foetor Judaïcus. » Poursuivant cette mise en regard des pensées visant l'éradication du désir, l'auteur traite du principe d'un idéalisme qui, depuis Platon, se focalise sur « le mépris de la chair » et qu'il définit ironiquement comme « la machine à faire des anges » ; abordant un tel fait sous l'angle historique, Michel Onfray observe que la majorité des mouvements philosophiques adoptèrent « les contours d'impératifs apolliniens sévères, aux limites du morbifique ». En réponse à cette condamnation délibérée et castratrice de la nécessité de satisfaire à la loi naturelle, il choisit de faire l'éloge de vertus exclusivement dirigées vers la jouissance, dans un esprit de réconciliation et d'équilibre entre principe de plaisir et principe de réalité, ne tenant compte que de la matière, entendue comme seule composante du réel. L'art de jouir est de la sorte une pratique qui se veut avant tout individuelle et qui s'inscrit dans un rapport d'étroite subordination à la prise de conscience de l'instant, le fameux « Carpe diem » du poète latin Horace. Citant Sade, il écrit : « Le sensualisme est une obligation méthodologique. Les sens permettent les seules voies d'accès possibles à l'information de la matière, donc du corps. Avec leur aide, le réel est perceptible comme effluve, son, saveur, image, impression tactile, on peut alors envisager la combinaison des sens qui produira l'intellection, la compréhension, la réflexion. » Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
13 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un philosophe selon mon coeur(1),
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'art de jouir (Poche)
Une somme sur un des aspects de l'hédonisme; comme toujours chez Onfray le style est fluide, comme la pensée et l'homme ne recule jamais devant le "je";quelle culture, quel amour de l'homme et de la vie. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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