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4.0 étoiles sur 5
Un crime historique...!, 7 décembre 2010
A la fin des années 60, un projet de film sur les derniers jours de Trotsky circule depuis plusieurs années, jusqu'au jour où il est proposé par le producteur anglais Joseph Shaftel à Alain Delon.
L'HISTOIRE DU FILM : Mexico 1940, Frank Jackson, partisan stalinien, est chargé de l'exécution de Trotsky. Ce dernier vit reclus dans sa villa mexicaine entouré de sa femme et de quelques amis, sous la bonne garde de ses sympathisants. Afin de mener à bien sa mission, Jackson tente une infiltration en séduisant Gita Samuels, ancienne secrétaire du réfugié...
Ayant choisi la façade de l'évènement propre à la démonstration, Losey nous montre avec une précision scrupuleuse, les circonstances du meurtre mais reste vague sur le "pourquoi" et sur la véritable identité du meurtrier. Jackson, fanatisé par la "marche de l'histoire" est un terroriste irrésolu, terrorisé lui même et manipulé par des idées qu'il ne contrôle d'ailleurs pas totalement, mandaté sans doute, mais par qui ? Sa nervosité et ses incertitudes sont admirablement rendues dans ses relations avec Gita
Au départ, le film doit être réalisé par Costa-Gavras qui vient de connaitre un grand succès avec "Z" en 1969, mais ce dernier refuse, tout comme Delon, de participer au projet en raison du scénario trop faible. Le producteur laissera alors carte blanche à Delon pour choisir un metteur en scène avec lequel il accepterait de tourner. Ce dernier lui annonce que si le projet pouvait intéresser Joseph Losey, il accepterait bien volontier de jouer le rôle de Frank Jackson.
Joseph Losey, qui vit à Londres, prend alors un avion pour Paris afin de rencontrer l'acteur pour discuter du film. Les deux hommes s'admirent mutuellement et, dès leur premier contact, le courant passe.
Pour Losey, accepter de réaliser un film sur Trotsky n'était pas une évidence. Communiste stalinien, il a été victime de la chasse aux sorcières aux Etats-Unis et a sacrifié sa carrière hollywoodienne au profit de ses idéaux politiques. Alors, reconnaître que Trotsky a été victime de Staline sonne pour Losey comme une terrible remise en question. A ce sujet, il déclare :
"j'ai été communiste au temps de l'adoration de Staline et avant la déstalinisation. J'ai donc fait partie d'une génération qui croyait que Trotsky était un monstre et Staline un héros, et cela à une période de ma vie où il était très difficile de se libérer de cette sorte d'endoctrinement que certains appelleraient davantage "lavage de cerveau".
Comprenant qu'il a été endoctriné, Losey se documente lui-même sur Trotsky. Il finit par se passionner pour le sujet et accepte de réaliser le film. Ironie du sort, le producteur Shaftel avait été l'un des premiers à lui appliquer la liste noire en l'évinçant d'un film. Cependant, le réalisateur ne parvient pas à s'entendre avec le scénariste Ian Hunter et sollicite Nicolas Mosley pour reprendre entièrement le scénario.
Au départ, Losey tient à tourner principalement au Mexique mais n'obtient pas les autorisations, il doit se résoudre à mettre en boite un minimum de séquences au Mexique. Il travaille donc en Italie où la maison de Trotsky est reconstituée et tient à ce que son acteur fétiche Dirk Bogarde interprète Trotsky, mais celui-ci refuse. Il fait donc appel à Richard Burton qu'il a déjà dirigé quelques années plus tôt... Néanmoins, il redoute quelque peu la rencontre Burton/Delon. Il est vrai que le comédien britannique arrive avec des idées reçues sur la star française. Il changera vite d'opinion devant le professionnalisme de Delon et en constatant que l'acteur est plus sérieux qu'il ne l'est lui même à ce moment là. Son problème d'alcoolisme l'empêchant de se concentrer sur son rôle et de se rappeler ses répliques. Résultat, le grand respect qu'il éprouve envers le travail du jeune acteur, le pousse à cesser de boire afin de retrouver toutes ses capacités. Dès lors, il nouera d'excellentes relations avec Alain Delon. Quant à Romy schneider, elle est choisie pour interpréter la maîtresse de Delon et qui paraît sous sa complète domination sexuelle. Il suffit d'un plan fantastique; après quelques caresses qui ressemblent à un prélude, Delon laisse Romy sur le lit et se dirige vers la fenêtre, tandis qu'elle, inassouvie, laisse ses mains sur ses cuisses, tentée de prolonger le plaisir... La comédienne s'implique énormément dans son rôle qui lui demande un travail de composition. Losey tente d'ailleurs de la rassurer avant le début du tournage en lui adressant une lettre : "La crainte que vous avez de jouer ce rôle ne doit pas vous inquiéter, non plus que la crainte que je vous inspire peut-être. N'ayez pas peur de vos complexes, tout le monde en a, y compris moi."
Le tournage se déroule de septembre à novembre 1971 et sort en mars 1972. Joseph Losey est encore auréolé de sa Palme d'or à Cannes pour "Le messager". L'attente du public et de la critique est donc énorme. Les avis seront cependant partagés. Par ailleurs, le film provoque des réactions hostiles dans certains milieux politiques. Les trotskistes sont irrités par l'image d'un Trotsky affaibli et attendant la mort, tandis que les communistes du parti et le journal L'humanité réfutent la responsabilité de Staline dans l'assassinat. Pourtant, Losey devança les critiques en faisant rajouter prudemment au début du film :
"Chaque fois que les faits ont été confirmés, nous avons essayé de les présenter aussi fidèlement que possible. Chaque fois qu'ils n'étaient pas établis, nous avons évité de trancher."
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4.0 étoiles sur 5
Un invraissemblable scénario, 18 août 2011
Retracé assez fidèlement, le scénario invraisemblable mis en place par Staline pour éliminer Trotski, montre comment ce catalan d'origine, séduit une intime du fondateur de l'armée rouge pour pénétrer dans sa villa et l'abattre. Né en Espagne, Ramon Mercader se bât contre les Franquistes. Le conflit terminé la famille s'installe en France, sans le père resté en Espagne, et dont les proches sont du coté Franquistes. Mais la mère, Caridad Mercader, étant devenue une passionaria communiste, veut se rapprocher du "Grand Staline". Ils partent en Russie. Ainsi Ramon Mercader, l'assassin, parle correctement le Français, l'Espagnol et le Russe. Caridad va armer moralement le bras de son fils pour assassiner Trotski. Emprisonné, Ramon Mercader ne parlera jamais. Il sera reconnu par un Espagnol qui voyant sa photo s'écrie "Mais il n'est pas belge : c'est Ramon Mercader..."
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