Ah, le mythique Dernier tango à Paris de Bernardo Bertolucci. Evidemment, ma médiathèque avait barré l'emboitage d'un INTERDIT - DE 16 ANS sur fond rouge et l'éditeur avait cru bon de mentionner au recto VERSION NON-COUPÉE, NON-CENSURÉE et au dos LE FILM LE PLUS ÉROTIQUE JAMAIS RÉALISÉ !! Bof. Un Américain à Paris, sans nom, quadragénaire incarné par Marlon Brando, encore bien conservé et visiblement sous le coup d'une forte émotion, donc col relevé, chancelant et mal rasé, rencontre fortuitement (?) à Passy, dans un grand appartement à louer, une jeune femme de vingt ans, sans nom elle aussi, jouée par Maria Schneider, en mode maxi-mini des années soixante-dix (avec ou sans culotte). L'Américain succombe immédiatement à la mini-jupe et la Française, évidemment, ne résiste pas à Marlon Brando, quoique déjà amoureuse d'un cinéaste amateur en la personne de Jean-Pierre Léaud. Entre Jean-Pierre et X, entre ambiance fleur-bleue façon Baisers volés et baise sado-maso sur une moquette sale, la petite Française n'a pas l'air trop perturbé. On finit par apprendre que si l'Américain est si triste, c'est que sa femme vient de se suicider dans sa baignoire. Un rasoir, comme un ange, passe, on ne sait pas trop comment il va se tenir ni qui pourrait s'en resservir et quand. Entre deux coïts, les amants parlent, un peu mais pas trop. Lui ne veut rien savoir d'elle, elle, si, de lui. Mais ils arrivent quand même à se dire des choses, vraies ou fausses, comme celles qu'ils se font. Dehors, Léaud s'obstine à vouloir filmer sa belle comme si de rien n'était, voulant la propulser en arrière dans son jeune passé, entre chêne et chataignier d'enfance. Dedans, les amants finissent par se traîner, ivres, sur un parquet de tango d'où ils se font expulser. La fille, qui a sans doute encore l'anus en feu malgré la plaquette de beurre - ça doit être ça la scène « non-coupée » - accorde une dernière branlette discrète à son Américain par-dessus une table de bistrot et elle lui dit bye bye. Lui n'arrive pas à comprendre que ça puisse être vraiment ça, le dernier tango. Il la poursuit jusque chez elle. Elle va l'arrêter définitivement, s'inventant tardivement une légitime défense, par la méthode Coué. Elle n'avait pourtant plus rien à lui défendre. Mais quand c'est non, c'est non. Pan !