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Last Exit to Brooklyn est le premier livre de Selby, qui vient tard à la littérature. D'où peut-être une lucidité accablante, une compréhension psychologique que l'on voudrait moins aiguë (la parution en 1964 eut pour résultat, outre un succès de deux millions d'exemplaires, un procès pour obscénité). Recueil de rhapsodies, Last Exit to Brooklyn pénètre tour à tour l'esprit d'une bande de gros durs qui aiment casser du marin et du pédé, d'un travesti amoureux et de ses amis homosexuels ; celui d'une prostituée aux seins hors du commun, d'un mordu de moto et d'un responsable syndical zélé, pour s'achever sur un lacis de flashs de conscience projetés par les habitants d'une résidence insalubre. Tous se donnent l'illusion qu'ils sont importants et les heures passent - pas pour tous - au rythme d'une répétition lancinante, la même que Selby exprimera, sur le mode de l'urgence cette fois, dans Le Démon.
Outre le sujet, le style aussi est cru : peu de virgules, un jeu sur la typographie, très peu de mots, mais infusés comme en intraveineuse. --Sana Tang-Léopold Wauters
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Commentaires client les plus utiles
22 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Authentique soleil noir...,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Last exit to brooklyn (Poche)
D'une violence extrême mais véridique, d'une pertinence psychologique glaçante, d'une empathie désespérée, ce recueil de rhapsodies signé Selby ( récemment décédé)est un choc comme on aimerait en encaisser plus souvent. L'auteur travaille le "psychisme" de ses personnages jusque dans le caractère des lettres ( capitales ou italiques). Tout en veillant à les garder intacts, humains. Aucun manichéisme, dans le portrait de ces marginaux que Selby décrit si bien. Et c'est ce qui force le plus l'admiration dans ce livre.Tralala, par exemple, n'a rien de la prostituée dissimulant son innocence soumise derrière une façade agressive, comme on nous les présente souvent dans les films. Non seulement elle vole un "client" marin entiché d'elle sans le moindre état d'âme, mais, plus perturbant, elle participe au tabassage général ( aidée par ses "copains")lorsque celui-ci revient réclamer son dû dans le bar où elle tapine. Ainsi sommes-nous moins révoltés qu'on pourrait l'être lorsqu'elle se fait violer "à la chaîne" , non loin du bar où elle a plus ou moins innocemment provoqué ses agresseurs... Aucun livre de ma connaissance n'a jamais si bien démontré les glissements, les dégâts à long terme que peuvent occasioner la vie (je pense également à l'histoire de cet ouvrier qui découvre son homosexualité- pour le moins ambiguë- et qui finit par ne plus supporter sa femme). Quant à l'intérêt général de l'ensemble, j'estime que plus on avance dans le receuil, plus on est fasciné par le monde décrit par l'auteur. Ce qui semble au départ anecdotique prend soudain une dimension alarmante, symptôme d'une crise universelle... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Une belle violence,
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Ce livre est une merveille tant sur le fond que sur la forme. Hubert Shelby transpire le mal-être. Il est désabusé de la vie, la drogue, la prostitution, l'homosexualité... Le personnage fréquente tous les marginaux rejetés par la société. Pour un livre écrit dans les années 60, le thème est vraiment intéressant. Bienvenu aux Etats-Unis!Le style d'écriture est lui aussi orginal. Un rythme soutenu, des dialogues insérés directement dans le les paragraphes sans ponctuation. Le lecteur à du mal à savoir qui est qui? Homme ou femme? Qui dit quoi? Au final, il reste une atmosphère unique et au roman qu'on n'oublie pas. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
19 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
La claque !,
Par
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"Last exit to Brooklin est mon premier Selby et je me suis pris une beigne de mammouth en le lisant! Ce type glisse une puissance extraordinaire dans sa narration, l'ambiguïté est au rendez-vous et les émotions du lecteur sont exacerbées par cette écriture dynamique et enivrante."Last exit...", ce sont des climats lugubres, violents, sombres et quelques fois dérisoires, à la limite du cliché, mais Selby sait jusqu'où ne pas aller et c'est cela qui est beau. Il décrit avec conviction le revers de la médaille américaine, l'Amérique des loosers. Il flirte avec les limites, il joue sur le fil du rasoir avec un bonheur jubilatoire jusque dans la vie de ses personnages qui, pour la plupart sont franchement bien allumés. On peut même dire, sans exagérer, qu'ils roulent sur la jante tout en gardant le pied dans le phare et l'aiguille du compteur de vitesse dans la boîte à gants. Vos émotions sont en hibernation? Lisez "Last exit...". Votre cerveau ne prendra plus jamais de vacances. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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