Piquante histoire que celle des rapports entre la collection "Que sais-je?" et l'astrologie - comédie en trois actes (et demi). Acte I: Paul Couderc, 1951 n° 508 - astronome et rationaliste, l'auteur tire avec verve (et pertinence) à boulets rouges contre une "absurde pseudo-science", "dangereuse survivance, au XXème siècle, d'une antique superstition". En 1974, édition refondue (toujours n° 508), le texte initial est d'une part allégé, d'autre part enrichi d'un chapitre "Vingt ans après", faisant le point (l'astrologie est toujours vivace) et présentant les thèses de Michel Gauquelin, curieusement cité comme M. G... Acte II: 1989, changement de numéro: 2481, changement d'auteur: Suzel Fuzeau-Braesch, et surtout changement de point de vue, l'auteur ne dissimulant pas sa bienveillante sympathie pour la discipline controversée. Emoi dans les milieux scientifiques. D'où l'acte III: sous le même numéro, nouvelle mouture en 2005, due à D. Kunth et Ph. Zarka, tous deux attachés au CNRS, et opérant le retour du balancier vers le constat que l'astrologie, phénomène sociologique, "ne peut se constituer comme science, dans le sens des sciences exactes". Ouf!
Les PUF seraient avisées de réunir en un seul volume l'ensemble - dont la confrontation est des plus instructives - de ces textes, les éditions anciennes étant épuisées.