Les cas traités dans ce livre sont souvent des cas extrêmes et donc très douloureux. Les fausses couches précoces y sont abordés, lire certains témoignages ainsi que les commentaires des professionnels aident à se sentir normale d'être avec ce ressenti de la perte, de ne pas réussir à faire son deuil, dans une société où lorsque l'on échoue, on doit de suite penser à la suite, à la prochaine réussite, au prochain bébé qu'on aura....ce livre permet de se poser, et de laisser libre cours à ses émotions, en se sentant légitime de le faire, sans plus répondre aux attentes de l'entourage et à leurs phrases maladroites "la nature est bien faite, ça a marché une fois, ça marchera encore, et puis ce n'était qu'un amas de cellules...." et j'en passe. dans la réalité terre à terre, oui, c'est la perte d'un amas de cellule non viable. Dans la réalité émotionnelle, c'est la perte de l'enfant pour qui on avait déjà un prénom, c'est la perte d'un enfant qui existait déjà dans nos tripes et dans nos c½urs.
Ce livre a le mérite d'apporter du réconfort, des informations médicales, ramener à la réalité terre à terre tout en laissant la place légitime à la douleur réelle de la perte de l'enfant imaginaire.
Mais certains témoignages m'ont personnellement heurtée, car très abrupts, très tranchés. Faits de ces phrases toutes faites en conserve, qu'on vous délivre comme s'il s'agissait d'appuyer sur le bouton du distributeur à canette.
Et la mort in-utéro prend beaucoup de place dans ce livre, du coup, lire ces témoignages là est vraiment douloureux et remet en doute le désir de réessayer d'avoir un enfant.
Peut-être qu'il aurait été bon de faire deux livres, un pour les couples, les femmes vivant une fausse couche précoce, et un autre pour les fausses couches tardives, les morts in-utéro et les décès à la naissance...
la douleur de la perte est universelle, elle est la même, mais à des intensités différentes, donc lire le témoignage de femme ayant perdu leur enfant à 6-7-8 mois, ça fait très peur...
Du coup, je n'ai pas tout lu, je n'ai lu que les chapitres qui m'intéressaient, pour me mettre à l'abri des émotions trop violentes que suscitaient les autres témoignages.