Allongé dans sa luxueuse baignoire, le chroniqueur Waldo Lydecker observe le détective Mark Mac Pherson qui, pensif, attend dans le salon. Celui-ci vient l'interroger au sujet du meurtre de Laura Hunt découverte la veille, tuée d'un coup de fusil dans son appartement. Bien plus âgé qu'elle, Lydecker avait pour Laura une profonde tendresse : après avoir accompagné ses premiers pas dans le grand monde et présenté des gens importants, il surveillait de près ses relations, notamment Shelby Carpenter, un gigolo duquel s'était récemment entichée la jeune femme ...
Tous les grands classiques ne vieillissent pas de la même manière et il est parfois difficile au spectateur de trouver un intérêt autre qu'historique à certains d'entre eux. Ce n'est pas le cas ici : bien que datant de 1944, Laura reste une aeuvre captivante, à qui le temps passé donne même un surcroît de charme.
En plus de l'enquête policière au suspense grandissant, Laura est une peinture sombre et peu conventionnelle de la bourgeoisie citadine. Le jeu ambigu des acteurs, les dialogues acides et les jeux d'ombres permanents contribuent à donner au film un ton mystérieux, oscillant entre gravité et légèreté. Le seul aspect qui a mal vieilli est la musique, puisque comme dans tous les films de cette époque, on subit d'incessantes envolées de violons, plus soûlantes qu'envoûtantes à la longue.
Pas besoin de la version "collector" et de son deuxième DVD rempli de bavardages à n'en plus finir : Laura est un grand film qui se suffit à lui-même, cette édition est là pour le prouver.