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L'autre médecine [Broché]

Bernard Bléthon

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Descriptions du produit

Extrait

Extrait de la présentation

J'exerce la profession de kinésithérapeute depuis plus de trente ans dans un chef-lieu de canton du département de la Loire, dans une zone de moyenne montagne de la partie septentrionale du Massif Central. Au coeur des Monts de la Madeleine et de ceux des Bois Noirs, j'ai pris conscience de l'existence d'une autre forme de médecine. Il y avait, au début des années 1980, une vingtaine de guérisseurs traditionnels face à cinq médecins pour une population de 5809 habitants (1982) répartie entre dix communes - il est vrai que la clientèle de ces thérapeutes, tout comme celle des médecins, dépassait les strictes limites administratives.
À l'image de bien d'autres zones rurales de France, ce pays enclavé, à l'écart des grandes voies de passage, a un relief et un climat tourmentés, des structures agricoles parfois archaïques ; il a subi de plein fouet un exode massif, avec pour corollaire une population vieillissante qui ne compte plus, aujourd'hui, que 4 681 habitants (source INSEE, 1999).
Parallèlement à l'exercice de cette profession, j'ai participé à des recherches ethnographiques concernant les phénomènes de "Médecine populaire, d'une part au sein d'une équipe départementale associée à des programmes du CNRS, d'autre part par des recherches personnelles dans le cadre d'un travail universitaire.
Il me faudra revenir sur ce qu'il est convenu de nommer médecine populaire, terme que je préciserai par rapport à celui de médecine scientifique mais aussi à d'autres formes de soins qui se sont développées en marge de cette dernière. Dans un premier temps, je me suis davantage intéressé aux techniques mises en oeuvre par les praticiens de cette médecine populaire, rebouteux, conjureurs, leveurs de sorts, ainsi que par les utilisateurs eux-mêmes : utilisations des simples, des remèdes dits de «bonne femme». Une grande diversité ainsi qu'une étonnante vitalité de ces pratiques se révélaient alors. À partir de ce constat, la question se posait de comprendre pourquoi et comment, malgré un siècle de positivisme et l'effort conjugué de la science, de l'école, des médias et même de l'Église, cette forme de médecine traditionnelle avait survécu. Cette interrogation prit encore plus d'intensité lorsque certaines affections que je jugeais sévères se voyaient prises en charge par de telles thérapeutiques - le jour, par exemple, où un jeune homme mordu par une vipère préféra les soins d'un conjureur à ceux d'un médecin -, ou bien encore lorsqu'une femme atteinte d'un cancer de la thyroïde refusa le secours de l'hôpital pour préférer celui d'un homme de la tradition. Petit à petit, ce qui n'était que curiosité de ma part cédait le pas vers une démarche de connaissance, et la survivance folklorique devenait phénomène culturel global justifiant une étude appropriée. Connaissance, mais aussi reconnaissance, ce qui est bien autre chose qu'une banale tolérance et qui se manifesta sans ambiguïté lorsqu'une conjureuse mourante me sollicita, malgré l'ironie sceptique de son médecin, pour lui trouver un exorciste ; ainsi partit dans la sérénité celle qui, un jour, m'avait transmis son don de guérir. Seul le «détour» par la démarche anthropologique, pour reprendre l'expression de Georges Balandier (1985), permettait de tenter de répondre à ces interrogations. Du côté des praticiens de la médecine officielle, les attitudes semblaient variées : certains combattaient les guérisseurs, d'autres s'en accommodaient, d'autres enfin s'en servaient, mais aucun n'essayait vraiment de connaître et de comprendre.

Biographie de l'auteur

Bernard Bléthon exerce en effet le métier de kinésithérapeute en Loire. Depuis près de trente ans, il parcourt la contrée : campagne, mais aussi bourgs et villes, pour y exercer sa pratique. Et depuis près de trente ans, il recueille les informations que lui confient ses patients, observe les pratiques populaires de guérison et leur évolution.
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