Le temps qu'on se réhabitue à sa non ponctuation, à son adoration pour la virgule, rapidement, le rythme nous revient. Un peu plus long et lent qu'un autre roman, mais il vient :-)
Dans ce roman, il n'y a pas de nom de ville ou de pays, ou de personnages. Tout comme les Intermittences de la mort. Même si ce dernier vient bien après L'aveuglement, la construction est relativement la même (ça m'apprendra à lire dans le désordre !). Les personnages n'ont pas de nom non plus. Ce sont "le médecin", "la femme du médecin", "le permier aveugle", "la femme du premier aveugle", "le vieux au bandeau", "la fille aux lunettes de soleil" et "le garçon strabique".
Lorsque le premier aveugle arrête de conduire en pleine heure de pointe, il ne sait pas qu'il sera à l'origine (est-il réellement le premier) à tomber aveugle et à contaminer tous les autres. On ne sait pas comment ou pourquoi. De peur, le gouvernement enferme les premiers "malades" dans un ancien asile. Tout le monde est aveugle au contact d'un autre aveugle, sauf une: la femme du médecin, la seule personne à avoir des yeux vivants dans toute cette épidémie. Mais elle ne le dit à personne à part son mari. Le dicton dit: "dans un monde d'aveugles, le borgne est roi". Mais dans ce cas-là, elle serait sûrement esclave... surtout parce que dans l'asile, c'était vite fait de "voir" les hommes devenir des bêtes.
Encore une fois, Saramago parle de l'âme humaine. Avec son humour parfois douteux, il nous montre ce qu'on ne veut pas voir. Dans le quatrième de couverture de l'édition portugaise, est écrit: "Si tu peux voir, regarde. Si tu peux regarder, remarque." Et les êtres humains ne vont pas vouloir ce qu'on peut devenir en si peu de temps...
Remarquable Saramago ' !